Même la dépression a une journée. C’est la Journée européenne de la dépression. Elle existe depuis 2003... Elle concerne aussi bien le grand public que les professionnels de santé. C’est une occasion pour mieux comprendre la maladie.
La dépression est une maladie qui se caractérise notamment par une grande tristesse, un sentiment de désespoir (humeur dépressive), une perte de motivation et de facultés de décision, une diminution du sentiment de plaisir, des troubles alimentaires et du sommeil, des pensées morbides et l’impression de ne pas avoir de valeur en tant qu’individu. (source passeportsante.net)
Dans le milieu médical, le terme dépression majeure est souvent employé pour désigner cette maladie. Elle survient généralement sous forme de périodes dépressives qui peuvent durer des semaines, des mois voire des années. Selon l’intensité des symptômes, la dépression sera qualifiée de légère, modérée ou majeur (grave). Dans les cas les plus graves, la dépression peut conduire au suicide.
La dépression affecte l’humeur, les pensées et le comportement, mais aussi le corps. Elle peut s’exprimer dans le corps par un mal de dos, des maux de ventre, de tête ; Cela explique aussi qu’une personne qui souffre de dépression puisse se révéler plus vulnérable aux rhumes et aux autres infections, son système immunitaire étant affaibli.
Outre la tristesse, la personne dépressive entretient des pensées négatives et dévalorisantes : « je suis vraiment nul », « je n’y arriverai jamais », « je déteste ce que je suis ». Elle se sent sans valeur et a du mal à se projeter dans l’avenir. Elle n’a plus d’intérêt pour des activités autrefois appréciées.
Les causes de la dépression
On ne sait pas avec précision ce qui cause la dépression, mais il s’agit probablement d’une maladie complexe faisant intervenir plusieurs facteurs liés à l’hérédité, à la biologie, aux événements de la vie ainsi qu’au milieu et aux habitudes de vie.
À la suite d’études réalisées à long terme sur des familles ainsi que sur des jumeaux (séparés ou non à la naissance), on a pu démontrer que la dépression comporte une certaine composante génétique, bien que l’on n’ait pas identifié de gènes précis impliqués dans cette maladie. Ainsi, des antécédents de dépression dans la famille peuvent être un facteur de risque. Bien que la biologie du cerveau soit complexe, on observe chez les personnes dépressives un déficit ou un déséquilibre de certains neurotransmetteurs comme la sérotonine. Ces déséquilibres perturbent la communication entre les neurones. D’autres problèmes, comme une perturbation hormonale (hypothyroïdie, prise de pilule contraceptive par exemple), peuvent aussi contribuer à la dépression.
Les mauvaises habitudes de vie (tabagisme, peu d’activité physique, excès de télévision ou de jeux vidéo, etc.) et les conditions de vie (conditions économiques précaires, stress, isolement social) sont susceptibles de nuire profondément à l’état psychologique.
Événements de la vie
La perte d’un proche, un divorce, une maladie, la perte de son emploi ou tout autre traumatisme peut déclencher une dépression chez les personnes prédisposées à la maladie. De même, les mauvais traitements ou les traumatismes vécus dans l’enfance rendent plus sensibles à la dépression à l’âge adulte.
Les troubles dépressifs sont classés en plusieurs entités : les troubles dépressifs majeurs, les troubles dysthymiques et les troubles dépressifs non spécifiés.
Le Trouble dépressif majeur est caractérisé par un ou plusieurs Episodes dépressifs majeurs (une humeur dépressive ou une perte d’intérêt pendant au moins deux semaines associée à au moins quatre autres symptômes de dépression)..
Le Trouble dysthymique (dys = dysfonctionnel et thymie = humeur) est caractérisé par une humeur dépressive présente la majeure partie du temps pendant au moins deux ans, associée à des symptômes dépressifs qui ne remplissent pas les critères d’un Épisode dépressif majeur. Il s’agit d’une tendance dépressive, sans qu’il y ait une dépression majeure.
Le Trouble dépressif non spécifique est un trouble de caractère dépressif ne répondant pas aux critères de trouble dépressif majeur, ni de trouble dysthymique. Il peut s’agir par exemple d’un trouble de l’adaptation avec humeur dépressive ou d’un trouble de l’adaptation avec humeur à la fois anxieuse et dépressive.
D’autres termes sont utilisés à côté de cette classification comme la dépression saisonnière. C’est un état dépressif qui se manifeste de façon cyclique, habituellement pendant les quelques mois de l’année où l’ensoleillement est au plus bas.
La dépression du postpartum qui survient chez 60% à 80% des femmes. Il s’agit d’un état de tristesse, de nervosité et d’anxiété se manifeste dans les jours après l’accouchement. On parle de baby blues qui dure entre un jour et 15 jours. Habituellement, cette humeur négative se résorbe d’elle-même.
La dépression suite à un deuil. Dans les semaines suivant la perte d’un être cher, les signes de dépression sont fréquents, et cela fait partie du processus de deuil. Cependant, si ces signes de dépression persistent plus de deux mois, ou s’ils sont très marqués, il faut consulter un spécialiste.
Idées reçues sur la dépression
La dépression est la source de nombreuses souffrances. Pourtant, beaucoup d’informations erronées circulent sur cette maladie. Zoom sur les principales idées reçues. (source doctissimo)
La dépression est une véritable maladie, définie par une association de symptômes et une prise en charge thérapeutique spécifique.
Contrairement aux idées reçues, la dépression touche tous les âges, sexes et catégories sociales.
La dépression n’a rien à voir avec une déprime ou un “coup de blues”. Il est normal de temps à autre de se sentir triste, d’avoir le cafard et de ne pas avoir le moral. Ces épisodes font partie de la vie et sont caractérisés par leur durée limitée.
Une dépression est définie par des perturbations de l’humeur multiples, qui s’installent de façon permanente pendant au moins 15 jours.
La dépression n’affecte pas uniquement la santé mentale. Les symptômes physiques sont également importants.
Ainsi, on observe :
• Des modifications au niveau cérébral
• Des troubles du sommeil,
• Une altération de l’appétit
• Grande fatigue et baisse de l’énergie
• Tristesse constante,
• Perte d’intérêt et de plaisir pour les activités quotidiennes ou agréables,
• Troubles du sommeil,
• Troubles de l’alimentation,
• Dévalorisation de soi,
• Ralentissement intellectuel encore idées noires…
Ces symptômes s’installent progressivement et durent au moins deux semaines.
Il est inutile de penser que seule la volonté ou le soutien des proches permettra de guérir une dépression.
Comme n’importe quelle maladie, elle nécessite une prise en charge médicale, qui peut passer par un traitement pharmaceutique et/ou un soutien psychologique.
Il est donc indispensable d’être entouré par des professionnels.
Les antidépresseurs ne sont pas le seul traitement contre la dépression. En fonction des symptômes et du type de dépression, un traitement adapté pourra être proposé.
Coup de blues ou dépression ?
Mal de vivre, difficulté passagère, contrariété, vague à l’âme...Parfois le malaise est beaucoup plus profond, et le petit coup de blues cache la dépression. Comment la reconnaître ?
Comment distinguer déprime et dépression ? La confusion entre déprime et dépression traduit la méconnaissance de la maladie de la dépression. Quelle est la différence entre les deux termes ? La déprime où le fait d’être déprimé est un état passager, contrairement à la dépression qui se caractérise par des symptômes durables. Il est tout à fait normal d’avoir des coups de blues, de se sentir triste et fatigué, d’avoir des idées noires, d’être irritable, d’avoir des insomnies ou encore une baisse de motivation de temps en temps. Pas de panique si cet état ne dure pas. En effet, comme l’explique le site info-dépression.fr (créé par l’INPES et le ministère de la Santé), au cours de sa vie l’être humain expérimente toute une gamme de sentiments, du plus triste au plus optimiste. À l’intérieur de cette palette d’émotions, la tristesse, le découragement et le désespoir représentent des expériences humaines normales. Mais attention, il ne faut pas confondre ces variations et baisses d’humeur avec les symptômes que ressentent les personnes atteintes de dépression. La dépression est une maladie, qui peut toucher tout le monde, à tout âge et qui se définit par des symptômes caractéristiques. Elle peut être soignée grâce à une prise en charge par des professionnels et grâce à un traitement adapté.
Les symptômes:
• Une tristesse intense et durable, avec une humeur dépressive qui dure presque toute la journée et se répète au fil des jours.
• Perte d’intérêt pour les activités du quotidien et autre activités autrefois appréciées
• Une fatigue intense (cette fatigue n’est pas améliorée par le repos ou le sommeil).
Ces symptômes pris isolément, ne traduisent pas forcément une dépression. Ils peuvent être aussi être associés à d’autres symptômes tels que :
• Des changements d’appétit ou de poids, une altération du sommeil : l dépression peut affecter le corps en plus de l’esprit. Ainsi, certaines personnes pourront souffrir d’un manque d’appétit alors que d’autres compenseront en mangeant plus et en prenant du poids.
De la même manière, certaines personnes auront du mal à s’endormir pour se réveiller au milieu de la nuit tandis que d’autres auront tendance à dormir de manière excessive ;
• Des humeurs changeantes : en plus de l’état déprimé, la personne peut être l’objet d’autres changements émotionnels. Comme un sentiment injustifié de culpabilité, un manque de confiance en soi et d’incapacité. Certaines personnes fuiront les situations nécessitant de leur part une prise de responsabilité, de peur de mal faire. Certains peuvent aussi devenir tendus ou irritables. Cette nervosité excessive et ce sentiment d’inutilité s’accompagnent souvent d’idées noires qui peuvent aller jusqu’à des pulsions suicidaires ;
• Une difficulté à se concentrer : ces symptômes ont des conséquences sur la concentration et peuvent empêcher d’étudier et de travailler de manière efficace. Dans des cas extrêmes, des tâches anodines peuvent devenir insurmontables, avec une incapacité, par exemple, à aller travailler.
Hommes et femmes inégaux face à la dépression
Des chercheurs américains ont tenté de savoir si les événements favorisant une dépression étaient les mêmes chez les hommes et les femmes. Résultats : si les femmes sont plus sensibles aux problèmes de leur entourage familial, les hommes semblent avoir plus de difficultés à vivre une séparation ou des difficultés professionnelles.
La dépression est une maladie qui semble toucher davantage les femmes que les hommes : environ deux fois plus de femmes sont diagnostiquées comme souffrant de dépression.
Alors, pourquoi les femmes ont-elles plus de risque de souffrir de dépression que les hommes ?
Afin de répondre à ces questions, l’équipe du Dr Kenneth S. Kendler a étudié pendant dix ans, au sein du département de psychiatrie du Collège médical de Virginie et de l’Institut de psychiatrie et de génétique comportementale de Richmond, 5 000 paires de jumeaux de sexe variable nés entre 1934 et 1974. Dans ce but, ces jumeaux ont été interrogés à quatre reprises par des professionnels durant cette décennie d’investigation.
Contrairement à ce que l’on voit chez l’adulte, la fréquence de survenue d’une dépression est la même chez les filles et les garçons durant l’enfance.
Pourtant, il existe des périodes où la femme est plus à risque de développer une dépression : au moment de l’adolescence ou de la grossesse par exemple. Des périodes qui correspondent à des changements hormonaux importants.
Cela tend à supposer que les hormones auraient un rôle dans l’inégalité homme-femme de la dépression.
Il semblerait aussi qu’une quantité insuffisante de neurotransmetteurs (sérotonine, dopamine) correspondent aux symptômes de la dépression.
Or, ils sont fabriqués à un taux plus élevé dans les cerveaux masculins que féminins. Un déficit pour les femmes qui pourrait être un facteur de risque de la dépression. Le travail du Dr Kenneth S. Kendler confirme tout d’abord un risque de dépression plus élevé chez les femmes.
Les événements perturbateurs et les circonstances de la dépression diffèrent d’un sexe à l’autre. Mais, les femmes ne réagissent pas davantage à ces événements potentiellement déprimants que les hommes et ne sont pas davantage soumises au stress.
Prévention de la dépression
Parfois, dans les cas de signes de dépression sans dépression majeure, ou dans les cas de dysthymie, il suffit d’organiser un régime de vie plus sain pendant un certain temps, comme se coucher tôt, faire plus d’exercice et manger de façon équilibrée, pour se sentir mieux. Mais d’autres moyens peuvent aider à ne pas sombrer dans la dépression, et surtout à éviter les rechutes après une première dépression.
En effet, plusieurs études montrent qu’environ la moitié des personnes souffrant de dépression en souffrent plus d’une fois au cours de leur vie. C’est pourquoi, une prévention est nécessaire.
Faire de l’exercice physique régulièrement est un moyen de prévenir la dépression. L’intensité et la fréquence de l’exercice augmente son effet. Les personnes ayant pratiqué un exercice physique régulier seraient même protégées de la dépression entre 2 et 9 ans après l’arrêt de cette activité.
Il ne faut pas être trop exigeant envers soi-même. Vivre dans l’instant présent, éviter d’entretenir des pensées négatives, de ressasser le passé ou d’anticiper l’avenir, seraient des moyens profitables contre la dépression.
Si on ne peut pas mettre fin à une dépression uniquement par l’alimentation, on peut sans doute l’aggraver par de mauvais choix alimentaires. Mais on peut aussi prévenir une rechute par de bons choix.
Il est donc conseillé de s’assurer d’un apport quotidien suffisant en éléments nutritifs. Dans ce contexte, le naturothérapeute J.E. Pizzorno, recommande un supplément de multivitamines et de minéraux.
Il est conseillé de consommer davantage de poissons gras (comme le maquereau, le hareng et le saumon), car leur chair est riche en acides gras oméga-3, un nutriment essentiel.
C’est bien de consommer des aliments riches en acide folique, comme les abats, les légumineuses et les légumes à feuilles vert foncé. Certaines pâtes alimentaires et céréales à déjeuner sont enrichies en acide folique.
- Une étude a montré que le régime méditerranéen diminuait le risque de dépression de 30%.. Pourtant, une alimentation contenant beaucoup de produits transformés augmente dans cette étude le risque de dépression de 58%.