Sous Trump, l’accueil des réfugiés au plus bas aux Etats-Unis

Dalia Hamam Samedi 03 Octobre 2020-10:18:59 Actualités Internationales
 Le secrétaire d’Etat Mike Pompeo le 18 septembre 2020 à Boa Vista au Brésil, où il s’est rendu dans un centre d’aide des réfugiés vénézuéliens
Le secrétaire d’Etat Mike Pompeo le 18 septembre 2020 à Boa Vista au Brésil, où il s’est rendu dans un centre d’aide des réfugiés vénézuéliens

Jamais l’accueil des réfugiés aux Etats-Unis n’a été aussi bas: Donald Trump a annoncé un nouveau tour de vis draconien à la réinstallation sur le sol américain des étrangers persécutés ou en danger, affichant sa politique de fermeture à un mois de la présidentielle.

Le département d’Etat américain a annoncé les nouveaux quotas dans la nuit de mercredi à jeudi, une demi-heure avant le début de l’année budgétaire 2021 le 1er octobre, respectant de justesse, à la suite de critiques d’élus, le délai fixé par la loi, souligne l’AFP.

Au cours des 12 prochains mois, un maximum de 15.000 réfugiés pourront être admis dans le pays dans le cadre du programme de résinstallation, contre 18.000 réfugiés autorisés pendant l’année budgétaire 2020. C’est un nouveau plus bas historique, et ce chiffre est loin des 100.000 personnes accueillies en moyenne annuellement sous la présidence du démocrate Barack Obama jusqu’en 2016.

Donald Trump, qui avait mené campagne il y a quatre ans sur la promesse de réduire l’immigration à la fois clandestine et légale, en a fait à nouveau un argument électoral pour la présidentielle du 3 novembre. Devant ses sympathisants mercredi soir dans le Minnesota, il a accusé son adversaire démocrate Joe Biden de vouloir “inonder l’Etat avec un flot historique de réfugiés”.

“Joe Biden veut transformer le Minnesota en camp de réfugiés” venant “des endroits les plus dangereux de la planète, comme le Yémen, la Syrie et votre pays préféré, la Somalie”, a-t-il ajouté, dans une évocation provocatrice des origines d’Ilhan Omar, parlementaire démocrate de cet Etat née à Mogadiscio et naturalisée américaine, qu’il a fait huer par la foule. “Biden a même promis de mettre fin à notre interdiction d’entrée depuis les régions jihadistes, ce qui ouvrirait les vannes au terrorisme islamique radical”, a-t-il encore martelé. Le candidat démocrate s’est engagé à porter à 125.000 le nombre de réfugiés admis, estimant que l’accueil des personnes persécutées était conforme aux valeurs américaines. Cette politique ne concerne que des réfugiés sélectionnés par les agences de sécurité et de renseignement américaines dans les camps de l’ONU à travers le monde pour être réinstallés aux Etats-Unis, essentiellement parmi les plus vulnérables comme les personnes âgées, les veuves et les handicapés.

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