Scandola-Corse: Difficile équilibre entre tourisme et écologie

Ingi Amr Samedi 07 Septembre 2019-14:11:00 Environnement
Scandola-Corse
Scandola-Corse

Des falaises rouges impressionnantes plongent dans une mer turquoise: la réserve naturelle de Scandola (Corse-du-Sud), classée au patrimoine mondial de l'Unesco, cherche un difficile équilibre entre attrait touristique et préservation de ce joyau environnemental.

Après 40 minutes de navigation depuis le petit port de Porto, cette réserve emblématique de l'île de Beauté, créée en 1975, apparaît, forte de 920 hectares terrestres et 1.000 hectares de zone marine.

Saupoudrées de verdure, les falaises de roches volcaniques torturées laissent entrevoir des figures sculptées par le temps qui nourrissent mythes et imagination du voyageur: ici, une tête de cheval ou d'hippopotame, là le chapeau de Napoléon, plus loin deux visages qui s'embrassent ou même un chanteur de polyphonie corse, main sur l'oreille.

 La réserve de Scandola protégée par une multitude de labels: réserve naturelle, aire marine protégée, Conservatoire du littoral, Znieff, Natura 2000, patrimoine mondial de l'Unesco et diplôme européen des espaces protégés.

Pourtant, un paradoxe agite ces eaux tranquilles: sa beauté et son statut de site protégé attirent toujours plus de monde, mais cet afflux touristique nuit à l'écosystème.

"La réserve est un joyau pour la Corse et la Méditerranée mais il y a plusieurs voyants rouges allumés: la situation des balbuzards, l'état de l'herbier de posidonie ou la diminution importante des effectifs de certaines espèces de poissons, notamment le corb", détaille Charles-François Boudouresque, biologiste marin à l'Institut méditerranéen d'océanologie (IMO) d'Aix-Marseille Université et président du Conseil scientifique de la réserve de Scandola.

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