Sur la célébrissime place Saint-Marc, même les pigeons ont disparu: chassés par le coronavirus, les touristes du monde entier qui leur donnent habituellement à manger ne sont plus là pour donner vie à ce décor féerique.
"Sans touristes, Venise est une ville morte", constate amèrement Mauro Sambo, un gondolier de 66 ans qui sillonne les canaux de la Sérénissime depuis 1975.
"Même si le déconfinement a commencé, qui fait un tour en gondole? Les étrangers, pas les locaux", se désole cet homme élégant à la barbe finement taillée, tout en nettoyant sa gondole amarrée devant le palais ducal.
Atmosphère crépusculaire et silence assourdissant règnent aussi sur le Grand Canal, où ne circulent plus que les vaporetti, les bateaux-bus de la Sérénissime. Les somptueux palais bordant les deux rives, qui abritent institutions culturelles et hôtels de luxe, ont tous les volets fermés.