Le succès des croisières ne se dément pas : plus de 7 millions de passagers en 2018, 20 milliards d’euros de retombées économiques. Mais, il y a un sérieux revers à la médaille. Les croisières polluent. C’est le rapport alarmant de Transport & Environnement qui rassemble une cinquantaine d’ONG. Après les Caraïbes, c’est la Méditerranée qui est la plus touchée par la pollution au fioul lourd, l’un des carburants les plus sales au monde. L’Italie, la France, la Grèce et en tout premier lieu l’Espagne sont très exposées à cette pollution au dioxyde de soufre. Dans la péninsule ibérique, c’est Barcelone qui souffre le plus. Aujourd’hui, les associations écologistes et scientifiques tirent la sonnette d’alarme.
En Europe, les 200 bateaux de croisière polluent plus que toutes les voitures réunies
Dans une étude publiée en juin, l’ONG Transport et Environnementa démontré que les ports européens étaient très touchés par la pollution engendrée par les navires de croisière. Effectivement, en 2017, les 200 navires de croisière recensés sur le littoral européen ont beaucoup plus pollué que les 260 millions de voitures en Europe.
Comment expliquer un tel écart entre voitures et navires ? Selon Charlotte Lepitre, coordinatrice du réseau Santé-Environnement de France nature environnement, et une des auteures de l’étude, c’est parce que « le carburant n’est pas le même que celui qu’on met dans les voitures.(…)Ce carburant (celui qu’on utilise pour les paquebots)est très soufré. Lorsque les navires, surtout de croisière, qui arrivent très près des centres-villes, arrivent ou partent, ça pollue énormément. C’est aussi le cas lorsqu’ils restent à quai, puisqu’ils ont besoin d’utiliser le carburant pour alimenter en électricité tout le navire de croisière. »
Dans le classement des cinquante ports les plus pollués d’Europe, nous trouvons notamment Marseille (8e) ; Le Havre (21e) et La Seyne-sur-Mer (49e). Les 57 navires de croisière ayant fait escale à Marseille en 2017 aurait apparemment émis plus d’oxyde d’azote que le quart des 340 000 voitures de tourisme de la ville. Les 203 navires de croisière passés le long des littoraux européens auraient à eux seuls émis plus que les 260 millions de véhicules de tourisme comptabilisés en Europe en 2017. Le littoral espagnol est le plus concerné par la pollution de l’air par les navires, avec des émissions étant jusqu’à parfois cinquante fois plus importantes que les 23 millions de véhicules de tourisme espagnols.