Pakistan : L’ex-président Musharraf condamné à mort par contumace pour “haute trahison”

Walaa Al-Assrah Mercredi 18 Décembre 2019-14:05:32 Actualités Internationales
L'ancien président pakistanais Pervez Musharraf, le 4 décembre 2014 à Karachi
L'ancien président pakistanais Pervez Musharraf, le 4 décembre 2014 à Karachi

 

L’ex-président pakistanais Pervez Musharraf, en exil à Dubaï, a été condamné à mort par contumace hier mardi pour “haute trahison”, a annoncé la radio publique, une première dans un pays où l’armée est souvent considérée comme à l’abri des poursuites.

La condamnation de ce personnage central de l’histoire récente du Pakistan a trait “à la décision qu’il a prise le 3 novembre 2007”, soit l’imposition de l’état d’urgence dans le pays, a déclaré à l’AFP son avocat, Akhtar Shah. L’ex-président “n’a rien fait de mal”, a-t-il souligné.

Un haut magistrat pakistanais a confirmé à l’AFP la sentence et le chef d’accusation.

Pervez Musharraf avait alors invoqué la défense de l’unité nationale face au terrorisme islamiste et l’opposition de la Cour suprême, qui devait se prononcer sur la légalité de sa réélection un mois plus tôt, pour suspendre la Constitution.

“Le terrorisme et l’extrémisme sont à leur apogée”, avait justifié le général, qui s’en était également pris au “militantisme judiciaire”.

Cette mesure très impopulaire, levée en décembre 2007, avait fini par causer sa chute moins d’un an plus tard.

“Il avait l’immunité. Il était le chef d’état-major, il était le président du Pakistan et le commandant suprême des forces armées”, a observé mardi son avocat Akhtar Shah, ajoutant que Pervez Musharraf, exilé et “malade”, “voulait rentrer au Pakistan pour témoigner” mais attendait pour cela que “sa sécurité soit garantie”.

Talat Masood, un général en retraite et analyste sécuritaire, a qualifié d’”extraordinaire” le fait que la justice ait condamné un ancien chef d’Etat et militaire, quand ceux-ci sont considérés comme tout-puissants au Pakistan, gouverné par l’armée près de la moitié de ses 72 ans d’existence. Cette décision aura “un grand impact sur l’évolution démocratique du Pakistan”, a-t-il estimé, interrogé par l’AFP.

Aujourd’hui âgé de 76 ans, le général Musharraf était parvenu au pouvoir par un coup d’Etat sans effusion de sang en octobre 1999, puis s’était autoproclamé président en juin 2001, avant de remporter en avril 2002 un référendum controversé. Il était resté à la tête du Pakistan jusqu’en 2008.

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