Chaque fois qu’un séisme a lieu, les craintes des Egyptiens se renouvellent en se souvenant du fameux tremblement de terre d’octobre 1992 qui a coûté la vie à plus de 500 personnes et a causé la destruction de plus de 350 bâtiments engendrant des dégâts à 9000 autres.
Au début de 2020, quatre séismes ont été ressentis depuis fin janvier jusqu'au 6 février. Pourtant, ces secousses ne constituaient aucun risque du fait qu'elles s'étaient produites dans des zones inhabitées. Ces séismes ont eu lieu sur les littoraux d'Al-Ariche et d'Alexandrie ainsi qu'à Guiza.
En juillet, un tremblement de terre s'est produit au sud de Zaafarana.
En août, quatre séismes ont été enregistrés: près de Damiette, au sud de Charm Al-Cheikh, près du Lac Nasser et le dernier a eu lieu devant les côtes de Charm Al-Cheikh et d'Hurghada.
Dès qu’un tremblement de terre se produit, l’incident commence à se propager sur les réseaux sociaux. Des messages circulent, des commentaires se multiplient : « Vous avez ressenti le séisme ? », « Un séisme s’est produit, tout le monde va bien ? ». « Est-ce un séisme ou est-ce que j’ai un vertige ? »…
A la suite des séismes, les commentaires sont multiples et les rumeurs aussi. « Un tremblement de terre violent frappera le pays bientôt », « Un séisme dévastateur est prévu », « Une secousse semblable à celle de 1992 est attendue »… etc.
Dans le but de calmer les inquiétudes et de démentir les rumeurs, l'Institut national des recherches astronomiques et géophysiques, émet des communiqués.
« Le fait qu’un séisme dévastateur frapperait l’Egypte n’est qu’une rumeur. C’est impossible de prévoir si un séisme va se produire ou non. Il est uniquement possible de préciser les zones d’activités sismiques », indique le centre. « L’Egypte ne se trouve pas au sein de la ceinture sismique », rassure le centre.
Nombre de tremblements de terre se produisent tout au long de l’année mais ne sont pas ressentis du fait qu’ils n’enregistrent que 4 degrés au maximum sur l’échelle Richter et ne durent que quelques secondes.
En général, les tremblements de terre que ressentent les habitants du Caire et de Guiza de temps à autre, proviennent de la Vallée de Hagoul au sud-ouest de Suez. La magnitude de ce type de séismes ne dépasse pas 5 Richter et le nombre ne dépasse pas cinq séismes par an. Ces séismes se répètent chaque année mais n’ont aucun effet destructif.
La Vallée de Hagoul est une zone de failles qui renferme un rassemblement d’énergie. Ce rassemblement s’effondre engendrant de petits séismes qui proviennent près de la surface de la terre. Leur profondeur varie de 10 à 15 mètres sans effets destructifs.
Pourtant, le séisme le plus puissant qu’a connu l’Egypte s’était produit le 21 mars 1969 en Mer Rouge. Il a eu pour conséquence l’apparition de plusieurs îles en Mer Rouge et près de Suez.
Selon l’Institut national des recherches géophysiques, l’Egypte est classifiée comme « moyenne » en ce qui concerne l’activité sismique. Les roches de l’épicentre libèrent l’énergie qu’elles renferment, de temps à autre, sous forme de séismes de petite ou de moyenne puissance. Ce qui écarte la possibilité d’accumulation d’énergie pouvant causer des séismes trop puissants.
Le président de l'Institut des recherches géophysiques, Dr Hatem Oda, explique que l'Egypte renferme des zones d'activités sismiques sur lesquelles sont axées les détections du réseau national de surveillance sismique. Ces régions sont : Dahchour, Assouan, l'Axe Caire-Suez, le Golfe d'Al Aqaba (nord et sud). "Les secousses ne se limitent pas à ces zones uniquement. Il est possible que des séismes se produisent dans des régions qui ne sont pas connues pour leurs activités sismiques", souligne-t-il.
Le réseau national possède 76 stations sismiques réparties sur l'ensemble du territoire. "Des tremblements de terre ont lieu chaque jour mais ils ne sont pas ressentis car ils n'enregistrent que de 1 à 4 sur l'échelle Richter, précise-t-il.
Le réseau fonctionne 24 heures sur 24. En cas d'un tremblement important, l'institut informe le Conseil des ministres, ajoute-t-il.
Une étude a été mise au point après avoir enregistré quatre séismes ayant pour épicentre le nord-est du 10 Ramadan (en 2017). Région où l'activité sismique n'a jamais été enregistrée. L'étude s'est axée sur les causes de cette activité, souligne en outre le président de l'Institut des recherches géophysiques.
Choses à savoir sur les séismes
Les séismes sont les phénomènes naturels les plus violents.
Pour mieux comprendre ce qu'est réellement un séisme, il faut savoir de quelle façon ils se forment. (Source: hitek.fr). Notre planète est recouverte de plaques qui ne restent jamais immobiles sous l'effet de la chaleur présente à l'intérieur de la Terre. C'est ce qu'on appelle la tectonique des plaques. Cette chaleur va créer des courants de convection qui a pour conséquence la modification des propriétés des roches. Ces dernières vont entraîner le mouvement des plaques situées au-dessus. Ainsi, des plaques vont s'écarter et d'autres vont rentrer en collision à force de se rapprocher. Certaines vont même glisser l'une sur l'autre ou l'une à côté de l'autre.
C'est quand les roches atteignent un seuil de rupture mécanique qu'elles vont se briser et libérer toute l'énergie qu'elles ont emmagasinée pendant des milliers d'années. C'est quasiment toujours à la frontière entre ces plaques que vont se produire les séismes. Quasiment, car il arrive parfois que certains séismes se produisent à l'intérieur des plaques tectoniques.
Ces types de séismes sont souvent les plus dangereux et les plus difficiles à prédire. Les scientifiques ont plusieurs hypothèses pour expliquer leurs origines. Certains avancent l'idée de failles cachées. Les continents ne cessent de se casser et sont emportés par les plaques qui sont en mouvement. Mais il arrive que ces continents se ressoudent là où ils se sont rompus. C'est à cet endroit même que se trouvent ces failles cachées.
D'autres scientifiques parlent de séismes intraplaques : des barrages, avec différents niveaux peuvent modifier l'état de contraintes dans le sous-sol et provoquer le déclenchement d'un séisme. Dans ce cas de figure, c'est impossible pour les sismologues de prévoir quand ce type de séisme peut survenir.
Comment détecte-t-on les séismes ?
Les séismes sont enregistrés par un sismomètre. Cet appareil dispose d'une masse associée à un bâti relié au sol. Ainsi, quand une secousse sismique se fait sentir, la masse va osciller et le bâti va reproduire le mouvement du sol. De nos jours, la majorité des sismographes sont électromagnétiques. Lorsqu'un séisme se déclare, on peut constater différentes ondes caractéristiques : les premières sont les ondes P (ondes primaires), elles sont très rapides, les suivantes sont les ondes S (ondes secondaires), elles sont plus lentes mais très violentes. C'est d'ailleurs ces ondes qui sont responsables des plus gros dégâts. Puis enfin, les ondes de surface qui vont se propager le long de la surface terrestre. Ensuite, les sismologues peuvent déterminer la distance entre le sismographe et l'épicentre en faisant la différence de temps entre les vitesses des ondes P et S. Puis, par triangulation entre plusieurs sismographes, on est capable de localiser le lieu du séisme.
Comment déterminer si une faille est active ?
On parle de faille active quand une faille a provoqué des séismes au cours du temps. Et en terme de durée, il faut se placer à l'échelle géologique. Pour les sismologues, un évènement récent s'est déroulé il y a quelques millions d'années et quand ils parlent de "futur proche", c'est tout ce qui va se produire dans les prochains millénaires !
Ainsi, une faille active est une faille qui a connu une réactivation sismique lors du dernier million d'années écoulé pour les géologues et si elle s'est déplacée au cours des dix derniers milliers d'années pour les sismologues.
Quels sont les signes avant-coureurs d'un séisme ?
Lorsqu'un séisme se déclenche et libère autant d'énergie, il est difficile de se dire qu'un tel phénomène peut se déclencher sans signes avant-coureurs ! En effet, il existe un nombre incroyable d'indices qui nous permettent de détecter qu'un tremblement de terre va avoir lieu. Et les scientifiques les connaissent mais encore faut-il qu'ils sachent les détecter à temps.
Par exemple, juste avant une rupture au niveau d'une faille, il est possible d'entendre des trémors tectoniques. Il s'agit de bruits en provenance des profondeurs de la Terre. Les scientifiques peuvent également s'intéresser au comportement des gaz sous terre. Quand la croûte se déforme, elle va créer des microfissures par lesquelles les fluides vont s'infiltrer et vont perturber la circulation des eaux souterraines ou le niveau des nappes phréatiques. De plus, la présence dans l'air du radon, un gaz radioactif naturel qui se trouve normalement dans le sol très profondément peut également aussi être un signe annonciateur.
Enfin, les signaux électriques et électromagnétiques ainsi que le comportement bizarre des animaux peuvent prédire d'une catastrophe à venir. C'est notamment le cas des crapauds de L'Aquila en Italie. Quelques jours avant le séisme qui a touché cette région le 6 avril 2009, les batraciens ont déserté le lac où ils avaient élu domicile.
Alors qu'est-ce qui a pu précipiter leur départ ? Peut-être une anomalie thermique. En effet, la température a chuté de 10 degrés dans un rayon de 15 kilomètres autour du lac. Mais il se pourrait aussi que les crapauds aient décidé de quitter le lac à cause des émanations de gaz et de particules. Juste avant un séisme, les roches de la croûte terrestre relâchent des particules dans l'air qui peuvent donner des maux de tête, des nausées et faire augmenter la sérotonine, l'hormone responsable du stress. Enfin, ces particules auraient pu aussi transformer l'eau en peroxyde d'hydrogène, une substance connue pour être toxique pour les animaux aquatiques.
Quoi qu'il en soit, rien ne prouve à 100% que le comportement de ces crapauds puisse être un signe annonciateur de séisme mais son étude a permis de mieux comprendre le comportement animal en cas de tremblement de terre.
Comment les séismes sont enregistrés ?
Un sismographe est un appareil qui enregistre et mesure les tremblements de terre. Au cours d'un séisme, les vibrations provoquées par la cassure de la croûte terrestre se transmettent à partir du point de rupture. L'appareil qui enregistre et mesure les tremblements de terre s'appelle un sismographe. (Source: rncan.gc.ca)
Les sismographes captent et enregistrent ces vibrations, qui sont ensuite étudiées. L'enregistrement visuel produit par les sismographes s'appelle un sismogramme. Le sismomètre et l'amplificateur du sismographe peuvent être placés à distance et reliés à l'appareil enregistreur par radio ou par téléphone. On dit alors du signal sismique qu'il est "télémesuré". Les signaux provenant de réseaux de stations isolées peuvent être télémesurés aux fins d'enregistrement et d'analyse simultanés en un lieu central.
Comment fonctionnent les sismographes?
Le mouvement de la Terre au cours des séismes se mesure par rapport à un objet quelconque qui demeure indépendant du mouvement du sol. Dans un sismographe, cet objet consiste en une masse suspendue sur des ressorts à l'intérieur d'une boîte. Le tout est appelé un sismomètre. Au cours d'un tremblement de terre, la masse demeure immobile pendant que la boîte autour d'elle se déplace suivant le mouvement du sol.
La plupart des sismographes modernes sont électromagnétiques. Un gros aimant sert de masse et la boîte externe renferme de nombreux rouleaux de fil métallique. Les mouvements de la boîte par rapport à l'aimant produisent de faibles signaux électriques dans les rouleaux de fil. Ces signaux sont amplifiés par voie électronique et transmis à un appareil enregistreur à feuille de papier (systèmes plus anciens), ou envoyés en temps réel par satellite, ligne téléphonique, ou radio aux centres de traitement d'Ottawa et de Sydney.
Les ondes sismiques perdent de leur intensité à mesure qu'elles se propagent dans la Terre. Ce sont les ondes à haute fréquence qui s'atténuent le plus. Par conséquent, les sismographes conçus pour observer des séismes locaux doivent être sensibles à une fréquence de mouvement du sol différente de celles utilisées pour enregistrer des tremblements de terre lointains. Des instruments sensibles aux ondes sismiques qui vibrent plusieurs fois par seconde, autrement dit des sismographes à courtes périodes, sont utilisés pour enregistrer des tremblements de terre locaux, au cours desquels les ondes atteignant les sismographes sont encore très rapides et rapprochées les unes des autres. Les sismographes à longues périodes répondent à des ondes de plus basse fréquence et enregistrent des séismes éloignés. Les sismographes modernes à bande large remplissent les deux fonctions.
Pour obtenir une représentation complète du mouvement de la Terre, il faut le mesurer dans trois directions perpendiculaires. Par conséquent, les sismographes sont souvent déployés par groupes de trois. Chaque sismographe enregistre l'une des composantes du mouvement du sol, c'est-à-dire la Nord-Sud, l'Est-Ouest ou la verticale (de haut en bas).
L'échelle de Richter
C'est une échelle sismique de référence instaurée en 1935. L'échelle de Richter mesure la quantité d'énergie libérée lors d'un séisme. D'une formule logarithmique résulte un nombre de 1 à 9 appelé magnitude du séisme. En fait, il n'y a pas de limite maximum. Cette échelle a été développée par Charles Francis Richter en 1935 et perfectionnée depuis. L'instrument de mesure est un sismographe. Il est équipé d'un capteur des mouvements du sol. Les mouvements du sol sont enregistrés sur un support visuel. Un tremblement de terre élevé dont l'épicentre est éloigné des centres urbains causera peu de dommage. Par contre, le tremblement, même moyen, dont l'épicentre est dans une zone densément peuplée, risque d'être très dévastateur.La magnitude connue la plus importante est de 9,5. Elle a été enregistrée au Chili en mai 1960. (Source: pquebec.com).
Magnitude du séisme
|
Magn. |
Description |
Fréquence |
|
1 |
Micro tremblement de terre, non ressenti |
8000 par jour |
|
2 |
Tremblement de terre, généralement ressenti |
1000 par jour |
|
3 |
Tremblement de terre, souvent ressenti, mais causant rarement des dommages |
49000 par an |
|
4 |
Secousses notables des objets à l'intérieur des maisons, causant souvent des dommages |
6200 par an |
|
5 |
Dommages importants aux édifices mal conçus |
800 par an |
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6 |
Peut détruire dans un périmètre de 180 km |
120 par an |
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7 |
Dommages sévères dans un périmètre plus vaste |
18 par an |
|
8 |
Peut causer des dommages sérieux à des centaines de km |
1 par an |
|
9 |
Dévaste à des milliers de km |
1 tous les 20 ans |