Les options de Biden pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien

Dalia Hamam Lundi 15 Février 2021-21:01:39 Actualités Internationales
Les options de Biden pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien
Les options de Biden pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien

Le temps presse. Mais le gouvernement de Joe Biden fait mine de prendre son temps. Déterminé à sauver l’accord sur le nucléaire iranien abandonné par Donald Trump, le nouveau président des Etats-Unis va bientôt devoir dévoiler son jeu.

 Quelle est la position américaine?

“Respect total pour respect total”: le démocrate résume ainsi son retour conditionnel dans l’accord de 2015 censé empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique, selon l’AFP. Autrement dit, il est prêt à revenir parmi les signataires, et donc à lever les sanctions draconiennes imposées par son prédécesseur républicain, mais seulement une fois que Téhéran aura renoué avec les restrictions nucléaires prévues par le texte.

Or la République islamique, qui a commencé à s’affranchir de ces engagements justement en riposte aux sanctions américaines, exige de son côté que Washington lève au préalable toutes ces mesures punitives.

Quelles sont les échéances?

Dans une semaine, les autorités iraniennes devraient franchir un cap qui inquiète les observateurs et les autres signataires de l’accord (Chine, Russie, Allemagne, France, Royaume-Uni). Conformément à une loi adoptée par son Parlement contrôlé par les conservateurs, Téhéran cessera le 21 février de se soumettre au régime très strict d’inspections internationales.

“La plupart des violations” de l’accord entreprises jusqu’ici par l’Iran, notamment en matière d’enrichissement d’uranium, “peuvent être rapidement réversibles”, dit Kelsey Davenport, de l’Arms Control Association. Plusieurs experts évoquent un délai de moins de trois mois. “Mais les violations que l’Iran a planifiées pour les prochains mois sont plus graves” et “plus difficiles à annuler”, prévient-elle. A commencer par celle sur les inspections, car “toute perte d’accès” aux sites iraniens “alimentera les spéculations sur des activités illicites de l’Iran”. Plus loin, en juin, les élections iraniennes risquent aussi de compliquer la donne, si les tenants de la ligne dure l’emportent.

Est-il encore temps?

Le 21 février approche à toute vitesse et “il est impératif que la diplomatie se mette en action”, s’alarme un ex-diplomate de l’Union européenne. Pour lui, “les dix prochains jours seront cruciaux pour savoir” s’il est “possible de convaincre l’Iran de ne pas aller de l’avant” avec cette nouvelle violation. “Tout l’enjeu est de s’assurer que ce seuil ne soit pas franchi à cette échéance-là”, acquiesce une source européenne, soulignant qu’il s’agirait aussi d’une “ligne rouge pour la Russie et la Chine”.

Jon Wolfsthal, qui conseillait Joe Biden sur ces questions lorsqu’il était vice-président, croit savoir que les Etats-Unis et l’Iran “envisagent, avant le 21, une déclaration qui montrerait leur intention mutuelle à respecter à nouveau l’accord”.

 

 

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