Elles déferlent parfois par milliers sur les plages, au grand dam des baigneurs qui craignent leurs brûlures: entre surpêche, réchauffement des eaux et multiplication du plastique, les méduses profitent des bouleversements causés par les humains dans les océans.
La prolifération de ces animaux, apparus sur terre il y a environ 600 millions d'années, serait telle qu'elle provoquerait une "gélification" des océans, en piteuse santé comme devrait le montrer le rapport spécial des experts climat de l'ONU publié mercredi.
Fabien Lombard, spécialiste de l'écologie du plancton et des méduses à Villefranche-sur-Mer, tempère cette idée de gélification.
"Il y a plus de méduses dans certaines zones dans le monde", confirme-t-il à l'AFP, comme en mer Noire, au large de la Namibie, ou encore en mer du Japon.
Les méduses, qui font partie des premiers habitants de la planète, vivent aujourd'hui dans toutes les mers et océans et à toutes les profondeurs.
De diverses tailles et couleurs, les méduses se reproduisent de façon sexuée, asexuée ou par bourgeonnement: les oeufs fécondés tombent sur les fonds marins, donnent naissance à un petit animal, un polype, qui se multiplie. Un changement de température ou un autre choc déclenche sa division et il donne naissance à plusieurs petites méduses.
Par le passé, des proliférations de méduses, appelées "bloom", étaient constatées à intervalles réguliers, par exemple tous les 12 ans en Méditerranée pour l'espèce pelagia, explique Anaïs Courtet, biologiste à l'aquarium de Paris. "Aujourd'hui, ce cycle n'est plus respecté et on en voit tous les ans", poursuit-elle.
La prolifération de ces animaux gélatineux et urticants est due à plusieurs facteurs, complète Philippe Cury, chercheur en biologie océanographique à l'Institut de recherche pour le développement (IRD): la surpêche, le chalutage, le réchauffement des océans.