Les baobabs africains, aussi convoités que menacés

Test Acount Samedi 15 Septembre 2018-13:28:12 Environnement
Le Nouvel Observateur
Le Nouvel Observateur

Ces arbres, emblématiques de la flore africaine, souffrent du changement climatique. Neuf des treize plus anciens et plus imposants baobabs africains ont disparu au cours de la dernière décennie. Ces arbres, âgés de 1.100 à 2.500 ans, semblent avoir été victimes du changement climatique. Les scientifiques estiment que la hausse des températures les a soit directement fait périr, soit les a affaiblis, les rendant plus vulnérables à la sécheresse, aux maladies, au feu ou au vent.

Le baobab africain est une espèce remarquable. Pas seulement en raison de sa taille ou de sa longévité, mais aussi à la manière tout à fait singulière dont son tronc évolue au cours de la croissance : ce dernier résulte en effet de la fusion de plusieurs troncs organisés en cercle et laissant en leur centre une "fausse cavité", unique aux baobabs.

Les baobabs ne produisant pas d’anneaux de croissance annuels, les chercheurs déterminent leur âge par datation au carbone 14, en prélevant des échantillons d’écorce à différents endroits du tronc ; le plus vieux des baobabs d’Afrique continentale – désormais disparu – aurait ainsi atteint les 2.500 ans.

Les baobabs constituent en effet un élément clé des écosystèmesde la savane africaine. Ils permettent tout d’abord de conserver l’humidité dans le sol, favorisent le cycle nutritif et préservent les sols de l’érosion. Ils fournissent, d’autre part, une source de nourriture, d’eau et d’habitat pour un grand nombre d’animaux. Oiseaux, lézards, singes et même des éléphants peuvent s’y humidifier en mangeant l’écorce quand l’eau vient à manquer.

Les fleurs du baobab sont polliniséespar des chauves-souris qui parcourent de longues distances pour se nourrir de leur nectar. Nombre d’insectes profitent également de l’arbre.

Présents depuis des siècles, les baobabs peuvent tout à fait être cultivés, comme c’est le cas en Afrique de l’Ouest depuis des générations. Si certains agriculteurs sont découragés du fait que les baobabs peuvent mettre de quinze à vingt ans pour donner des fruits, des recherches récentes ont montré qu’en greffant des branches d’arbres donnant des fruits à de jeunes plants, ces derniers pouvaient à leur tout donner des fruits dans les cinq ans.

La disparition des plus anciens baobabs est d’une grande tristesse, mais espérons que cela nous motive à protéger les arbres encore debout et à les surveiller de près. Et si les scientifiques affinent et améliorent le processus d’identification des meilleurs sujets pour la culture, ils deviendront peut-être aussi communs que les pommes et les oranges sur les étals de nos marchés.

 

en relation