Les ados rêvent des mêmes métiers qu’il y a 20 ans

Ghada Choucri Mercredi 05 Février 2020-14:37:54 Jeunesse
Les ados rêvent des mêmes métiers qu’il y a 20 ans
Les ados rêvent des mêmes métiers qu’il y a 20 ans

Le monde change et les métiers qui font rêver restent les mêmes. Un rapport de l’OCDE révèle le fossé entre la variété des métiers existants et les aspirations des adolescents de 41 pays.

Neuro-manager, hacker éthique, ou éducateur de robot... Aussi intrigants soient-ils, les métiers du futur n’ont pas la côte auprès des ados, loin s’en faut. Les études ont beau annoncer qu’en 2030, dans un monde en pleine transformation, les spécialités professionnelles se seront renouvelées à plus de 60%, il est frappant de constater combien les projections concernant les métiers de demain semblent parfaitement déconnectées des aspirations des adolescents en la matière. C’est ce que montre un rapport de l’OCDE réalisé auprès de 600 000 adolescents de 15 ans dans 41 pays, et intitulé Dream jobs: Teenagers’ career aspirations and the future of work.

« Les professions classiques du XXe siècle, voire du XIXe siècle, comme médecin, enseignant, vétérinaire, chef d’entreprise, ingénieur ou policier, continuent de nourrir les rêves des jeunes comme elles le faisaient il y a encore 20 ans, avant l’arrivée des médias sociaux et l’accélération technologique, telle que l’intelligence artificielle, dans les entreprises », constate l’OCDE, comparant les résultats obtenus en 2018 à ceux obtenus lors d’une première enquête PISA réalisée en 2000.

Rétrécissement des horizons

Du côté des filles, le trio de tête est formé par les métiers de médecin, professeure, et cheffe d'entreprise. Le métier de journaliste disparaît du top 10... tout comme celui de secrétaire, et de coiffeuse. 

Les garçons rêvent le plus souvent, pour leur part, d'être ingénieurs, chefs d'entreprise et médecins, et on retrouve l'ensemble des 10 métiers déjà cités en 2000 (mécanicien, policier...), seul l'ordre du classement étant légèrement modifié.

Proches de celles exprimées il y a 20 ans, les aspirations professionnelles sont moins diversifiées aujourd’hui : tandis que 39% des garçons et 49% des filles interrogés lors de l’enquête PISA en 2000 prévoyaient d'exercer à l'âge de 30 ans l'une des 10 professions du top 10, ils sont en 2018 encore davantage, 47% du côté des garçons, et 53% du côté des filles, à se restreindre à ce top 10. 

Ce rétrécissement des horizons est jugé « préoccupant » par le directeur de l’éducation et des compétences de l’OCDE, Andreas Schleicher : « L’enquête montre que trop d’adolescents ignorent ou ne sont pas conscients des nouveaux types de métiers qui se créent, notamment du fait de la transformation numérique de l’économie ».

Différences filles / garçons

L’éventail des professions envisagé est plus diversifié dans les « pays qui disposent de systèmes de formation professionnelle performants et bien établis », note l’OCDE, relevant qu’en Allemagne et en Suisse, moins de 4 jeunes sur 10 se déclarent intéressés par 10 professions seulement, tandis qu’en Indonésie, 52% des filles et 42% des garçons se destinent à être chef(fe) d’entreprise, enseignant(e), et médecin pour les filles, militaire pour les garçons. Le rapport appelle ainsi à mettre en place des services d’orientation professionnelle « plus efficaces » pour faire mieux correspondre les aspirations professionnelles des jeunes et la formation et les qualifications nécessaires.  

Les différences entre filles et garçons sont encore très marquées. Les sciences et l'ingénierie attirent majoritairement des garçons, l'écart étant le plus faible en Finlande, en Estonie et en Serbie. Une réalité qui peut sembler décourageante alors que tant d’initiatives sont mises en place pour promouvoir l’égalité dans les milieux scientifiques. Mais il faut se « garder de tout fatalisme », lit-on dans le rapport : « Les garçons aspirent massivement plus à travailler dans les sciences et l’ingénierie, même quand filles et garçons obtiennent les mêmes résultats à l’examen scientifique PISA, mais ce n’est pas toujours le cas. »

Le poids majeur joué par le milieu social et familial dans les choix de carrière est également mis en évidence : les jeunes les plus performants issus des milieux socio-économiques les plus défavorisés « sont en moyenne 4 fois moins enclins à exprimer des aspirations aussi ambitieuses que les meilleurs élèves issus des milieux les plus privilégiés ».

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