Les «ados », terre de conquête des fintech et banques en ligne

Ghada Choucri Mercredi 22 Mai 2019-13:30:36 Jeunesse
Les «ados », terre de conquête des fintech et banques en ligne
Les «ados », terre de conquête des fintech et banques en ligne

Les offres de néobanques dédiées aux adolescents fleurissent. Peu ciblée par les banques traditionnelles, cette population constitue un marchébancaire de niche qui a vocation àgrandir rapidement.

Comment utiliser son argent de poche pour s'offrir un cadeau en ligne lorsqu'on a 12 ans ? Pour bon nombre d'enfants, il faut encore se tourner vers ses parents pour emprunter, voire subtiliser, leur carte bancaire. «Comme les adultes, les adolescents veulent consommer sur Internet, mais ils ont encore peu d'outils pour le faire. Les adultes, de leur côté, ont aussi moins de cash sous la main pour donner de l'argent de poche àleurs enfants… », pointe Benoit Grassin, l'un des fondateurs de la fintech Pixpay. Après avoir cédéMonDocteur àson principal concurrent Doctolib, l'entrepreneur a décidéde tenter de révolutionner la banque pour «ados ». Le compte Pixpay devrait être lancédans les prochains mois.

Une application miroir pour les parents

Son principe ? Offrir une application bancaire et une carte àautorisation systématique - qui ne permet aucun découvert - pour 2,99 euros par mois aux 10-18 ans. Alimentépar la carte bancaire de parents ou de proches, ce compte doit permettre de payer en magasin comme en ligne et de faire quelques retraits aux distributeurs. Les dépenses pourront aussi être scrutées de près, voir limitées, grâce àune application miroir installée sur le smartphone… des parents. «Revolut et N26 ont démontréqu'on peut créer une marque bancaire européenne, déclare Benoit Grassin. C'est notre ambition sur le segment des jeunes ».

Epaulée par des «Business Angels »comme Hugues Le Bret (fondateur du Compte Nickel) ou Jean-Charles Samuelian (fondateur de l'Assurtech Alan), Pixpay n'est pas la seule àconvoiter le marchébancaire des adolescents. Ces dernières semaines, une ancienne banquière de  SociétéGénérale, Diana Brondel, a aussi lancéson offre. Cette franco-sénégalaise a baptisésa néobanque Xaalys (ce qui signifie argent en wolof, une langue parlée au Sénégal) et a trufféson application d'outils d'éducation financière. Elle veut convaincre 10.000 clients de souscrire d'ici àfin 2019 mais mise aussi, àterme, sur un modèle de distribution BtoB, pour proposer son offre àtravers des partenaires, des opérateurs télécoms ou des marques pour enfants par exemple.

Un marchéen devenir

Xaalys comme Pixpay revendiquent leurs statuts de défricheurs car pour l'instant bien peu d'«ados »gèrent leurs dépenses au quotidien. «Les jeunes adolescents ont en général un compte épargne ou une carte de retrait. Les banques traditionnelles les considèrent soit comme l'enfant d'un client, soit comme un client futur », pointe Benoit Grassin. Lorsqu'on se penche sur les offres des établissements traditionnels, on trouve pourtant des cartes bancaires pour payer en ligne et dans les magasins - La Banque Postale propose la carte Regliss, la carte Mozaïc de paiement pour le Crédit Agricole ou la carte Vpay chez SociétéGénérale. Mais bien souvent, le parent doit être client pour que l'enfant puisse souscrire et les banques développent peu d'applications mobiles dédiées aux «ados »avec un marketing ciblé. «Pour les banques traditionnelles les adolescents ne se monétisent pas de manière classique, ils ont peu d'épargne, pas de crédit, etc. », explique Diana Brondel.

Des banques en ligne précurseurs

Certaines banques en ligne ont toutefois commencéàoccuper le terrain. Compte Nickel et la fintech Morning proposent une offre spécifique pour les mineurs. Dès fin 2017, la filiale de SociétéGénérale,  Boursorama a également lancéson offre dédiée, Kador. D'abord avec l'objectif d'élargir sa clientèle et de la fidéliser. «Un client qui ouvre un compte Kador àson enfant utilise plus son compte, dispose de plus de produits bancaires », explique Aurore Gaspar, directrice générale adjointe de Boursorama. Certes les «ados »restent une cible de niche pour la banque mais celle-ci «va s'élargir avec le développement des moyens de paiement et notamment ceux par carte bancaire qui couvrent des besoins de plus en plus importants ».

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