Des chercheurs au centre de Mansoura pour les études sur les fossiles, en coopération avec des chercheurs de l'Université de West Forrest aux USA, indiquent que les lémuriens, ces animaux endémiques de l'île de Madagascar, auraient pour origine, un ancêtre qui vivait en Egypte. L'étude est publié dans le magazine Nature.
En 1967, le paléontologue américain George Gaylord Simpson décrit 3 fragments de mâchoire datant du Miocène. Le fossile, nommé Propotto et vieux de 20 millions d'années, est le vestige d'un primate et plus particulièrement d'un strepsirrhinien (sous-ordre qui regroupe les lorisiformes, les lémuriformes et les chiromyiformes), suppose alors Simpson.
Les scientifiques donnent finalement raison à Simspon : Propotto était effectivement un ancêtre des strepsirrhiniens actuels. Pour en arriver à cette conclusion, ils ont procédé à des comparaisons entre les caractéristiques anatomiques du fossile et celles de 125 espèces de mammifères éteintes. Ils ont également effectué des analyses génétiques. A la lumière de ces nouveaux éléments, il est apparu que Propotto partageait de nombreuses caractéristiques avec Plesiopithecus, un animal qui aurait vécu il y a 34 millions d'années en Egypte. Les deux seraient finalement des ancêtres des ayes-ayes, des primates endémiques de Madagascar.
Les chercheurs remettent en cause l'histoire même de la colonisation animale au Madagascar. Il est possible que la colonisation de l'île ait eu lieu il y a environ 20 millions d'années, après un ouragan. Les troncs d'arbres et les branchages cassés auraient servi de radeaux aux primates, permettant ainsi à certains d'arriver vivants à Madagascar.