Des chercheurs s’apprêtent à tenter la traversée de la Méditerranée à bord d’un navire, pour tester une théorie selon laquelle des nefs en papyrus auraient pu réaliser cette prouesse à l’époque de l’Égypte antique. Une hypothèse contestée par plusieurs spécialistes.
L’Abora IV prendra le large mi-août. Long de 14 mètres, le navire construit en roseau dispose de deux voiles en lin de 62 et 40 mètres carrés ainsi que d’un mât en bois. Son objectif? Traverser la Méditerranée pour rejoindre la mer Noire. Ce projet a été conçu par le chercheur allemand Dominique Görlitz et réalisé par une équipe internationale basée à Beloslav près de Varna, sur la côte bulgare. La nef entamera son odyssée avec douze membres à son bord, pour rallier la Crète et tester une hypothèse: prouver que les Égyptiens ont pu traverser la Méditerranée à bord de bateaux en papyrus il y a de cela 4000 ans.
Dominique Görlitz en est persuadé, les Égyptiens ont vogué sur les flots à bord de ces embarcations atypiques pour se procurer le matériel nécessaire à la construction des pyramides. Pour cela, il s’appuie sur les écrits de l’historien grec Hérodote. «C’est le père de l’histoire moderne, il a fait de nombreux rapports sur le commerce à cette époque indiquant notamment que les Égyptiens utilisaient des bateaux en papyrus», indique-t-il. Deux kilomètres de corde ont été utilisés pour lier en faisceaux les douze tonnes de roseaux utilisés. Comme le papyrus des Égyptiens de l’Ancien Empire ne pousse plus en quantité suffisante, l’équipe a privilégié des roseaux totora importés du lac Titicaca.