Le Désert occidental : Cette vaste mer de sable envoûtante

Hanaa Khachaba Vendredi 24 Mai 2019-16:56:24 Chronique et Analyse
Le Désert occidental : Cette vaste mer de sable envoûtante
Le Désert occidental : Cette vaste mer de sable envoûtante

Face à l’agitation du monde, on a envie parfois de faire en sorte que le temps s’arrête. On s’imagine pouvoir poser ses bagages sur le dos d’un dromadaire et laisser ses soucis quotidiens aux portes du désert. Cette couleur jaune à perte de vue vous remplit d’une sérénité tant recherchée…

Bleu, vert, blanc et jaune le magnifique tableau de la planète Terre. On parle toujours du vert revigorant de la végétation, du bleu enchanteur des mers, des paysages irisés des forêts et des prairies et de la neige délicieuse qui se fond en été, mais pas assez du jaune du désert,  comme si c’était une couleur sans attrait.

 Le jaune de la nature a pourtant son charme. Il enchante lui aussi. Il a ses adeptes et passionnés. En Egypte, le jaune est le roi de cette toile de fond, le désert couvrant plus de deux tiers de la superficie du pays. Ce paysage jaunâtre qui frappe la vue avec sa luisance hors pair est une vraie aubaine et une source de paix intérieure.

Comment ne pas apprécier ce silence. Chaque jour, on profite des derniers rayons du soleil jusqu’au dernier. Le “MUST” : être assis seul en haut d’une dune pour le regarder se coucher. Ici, rien ne peut perturber le mental. Le relief est d’une douceur pour les yeux. Chaque vaguelette empreinte de vent sur le sable, dessine le désert. Tout semble figé, alors que tout bouge en permanence.

L’Egypte est le don du Nil, il n’en est pas question. Sans cette artère de vie, elle n’aurait jamais existé. Cette étroite bande de fertilité est d’ailleurs enclavé par trois grands déserts : à l’ouest le désert libyque, sablonneux, à l’est le désert Arabique, rocheux, et la péninsule du Sinaï où ont fleuri plusieurs stations balnéaires. Les déserts égyptiens font partie d’une longue ceinture qui se déploie de la côte Atlantique de l’Afrique du Nord, se dirige vers la Mer Rouge, le Sinaï, la péninsule Arabique, l’Iraq et continue vers l’est, vers l’Asie centrale, jusqu’à la Chine.

Le désert Libyque ou désert occidental couvre approximativement 700 000 km, ce qui représente environ deux tiers du territoire égyptien. Il s’étend du littoral nord de la Méditerranée jusqu’à la frontière avec le Soudan et de la Vallée du Nil à l’est jusqu’à la frontière avec la Libye, d’où il tire aussi son appellation le Désert Libyque.  Il y a dans cette zone cinq oasis impressionnantes : Siwa, Dakhla, Kharga, Farafra et Bahariya. Il existe également deux vastes exploitations agricoles dans le sud, à savoir Charq Al Ouaynat, près de la frontière avec le Soudan et Touchka, près du lac Nasser.

Ici, le Désert est l’une des zones les plus sèches du Sahara. Les dernières pluies significatives y sont tombées il y a six ans, ce qui a permis à la végétation naturelle de pousser et de rester verte pendant deux ans. Alors que le Sahara reçoit en moyenne cent millimètres de pluie par an, d’après une recherche relayée par un site Web, le désert Libyque n’en reçoit que cinq. Dans cette partie ouest de l’Egypte, qui vit surgir des villes comme Al Dabaa, Al Alamein, Matrouh et Salloum, en plus des belles oasis, il ne pleut pas fréquemment, à l’exception de quelques averses brèves que les autorités veillent actuellement à exploiter en installant de grands réservoirs pour la récolte des eaux avant leur évaporation ou gaspillage. Le vent y souffle….provoquant un extraordinaire déplacement des dunes lisses, excellents toboggans naturels pour des glissades à couper le souffle. Les safaris ne trouveront pas d’endroits aussi parfaits pour partir à la grande aventure.

Les passionnés du jaune du désert se régalent à  pommader des radeaux avec du beurre pour se glisser du haut des collines de sable doux et fin. Un sport en pleine nature. Une excursion sous une chaleur torride mais qui vaut le coup.  La vue est splendide. Bien qu’aride, il est une belle faune que l’Etat cherche à protéger. La gazelle, devise de la belle ville de Matrouh, fait partie des habitants quadripodes de cette région. La végétation n’est pas variée. Le cactus est presque la seule plante qui y pousse.

Dans le Désert Libyque, on compte aussi d’autres déserts. Le Désert Noir : ici, les reliefs sont recouverts de croûtes et saupoudrés par des quartzites couronnant des buttes délimitées par l’érosion d’un très ancien réseau hydrographique. Le paysage est extraordinaire.

La Montagne de Cristal est un spectacle unique. Il s’agit d’amas de très gros cristaux lenticulaires et d’arches cristallines formés de calcite, aragonite et gypse. Le Désert Blanc est le plus fantastique des déserts, aux rochers calcaires dont les formes ressemblent à des animaux ou à des visages caricaturés. Il se situe au nord de l’oasis de Farafra, la plus grande des oasis égyptiennes.

S’il n’y a pas d’eau, l’érosion se fait naturellement par le vent et le sable, deux éléments ayant un pouvoir d’érosion important. Cette érosion n’est optimale qu’à une faible hauteur (moins d’un mètre) et s’affaiblit dans les parties supérieures, contribuant ainsi à former les particularités du Désert Blanc.

« Le Désert occidental égyptien renferme beaucoup de richesses. Il contient des métaux dont les plus importants sont l’uranium et l’or », a dit le grand savant égyptien de renommée mondiale Dr Farouq Al Baz, exhortant le gouvernement égyptien à l’exploiter à l’optimale. « C’est une terre encore vierge », rajoute l’expert des études géologiques.

Sous le Président Al-Sissi, l’Egypte semble plus que jamais habitée par le souci d’assurer un avenir radieux aux petites générations. Une prise de conscience de cet avenir se révèle et prend de l’ampleur de jour en jour. Les autorités politiques ont bien compris la gravité des enjeux en place, d’où il s’est avéré incontournable de multiplier les ressources du pays en, entre autres, transformant le jaune enchanteur du désert en de vastes étendues vertes productives et prometteuses. L’ambitieux projet baptisé « L’avenir de l’Egypte » a bel et bien pris naissance dans le désert occidental, à proximité de la région de Borg Al Arab. Il prévoit la culture d’un million de feddans afin d’accroître la superficie verte du pays, d’installer de nouvelles agglomérations urbaines, de créer des emplois et d’assurer une autosuffisance alimentaire; bref, de créer une nouvelle vie dans le désert qui ne le serait plus.

 

 

 

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