Le grand écrivain Naguib Mahfouz a quitté notre monde depuis plus de 12 ans et précisément le 30 août 2006. En dépit de l'écoulement de ces années, de nombreux ouvrages traitant son art romanesque et son style inédit sont publiés régulièrement. Ces ouvrages dévoilent son style ainsi que la particularité mahfouzienne. Parmi ces ouvrages, on peut citer l'ouvrage "Les nuits de Mahfouz au Shepard" rédigé par Ibrahim Abdel-Aziz et qui met en lumière de nouveaux secrets dans la vie du Lauréat Nobel.
L'ouvrage qui se compose de deux tomes (chaque tome de 800 pages) retrace les secrets du salon littéraire de Naguib Mahfouz qui se tenait à Shepard et qui attirait d'innombrables invités égyptiens et étrangers.
Chaque séance reprenait la relation entre l'Egypte et le Monde arabe ainsi que la relation de Mahfouz avec les autres hommes de lettres et la jeune génération d'écrivains de l'époque. Ses séances dévoilent un écrivain qui n'aime point parler de sa vie personnelle. En effet, Mahfouz ne répondait jamais à des questions d'ordre personnel, de même qu'il n'aimait pas parler d'une personne en son absence.
Un autre ouvrage a été publié durant cette semaine. Il s'agit de l'ouvrage "Le narrateur dans les romans de Naguib Mahfouz" rédigée par la poétesse Nagat Ali. Dans le premier chapitre, elle évoque la définition du terme "narrateur" sur le plan théorique, notant que la narration est une technique littéraire qui diffère selon les écrivains et les époques. Dans le deuxième chapitre, la poétesse traite le lien entre le narrateur et l'écrivain. Dans les autres chapitres, elle met en lumière le lien entre le narrateur d'une part et l'espace et le temps d'autre part.
L'Organisme général du Livre a publié l'ouvrage "Naguib Mahfouz, le narrateur et le plasticien" par Achraf Aboul Yazid. L'ouvrage traite le rôle exceptionnel de Mahfouz dans la culture arabe contemporaine et que son style d'écriture se confond avec d'autres types d'art à l'instar de la gravure, du dessin, de la caricature, et de la sculpture.
Né le 11 Déc 1911 dans le vieux quartier de Gamaleya du Caire, le plus jeune de sept enfants d’une famille de cinq garçons et deux filles, Naguib Mahfouz a commencé à écrire à l’école primaire. En 1930, Mahfouz a commencé pour étudier la philosophie à l' Université du Fouad et est diplômé en 1934.
Mahfouz a occupé plusieurs postes gouvernementaux, le dernier était consultant des Affaires culturelles au ministère de la Culture Il a publié 34 romans, plus que 350 nouvelles, 25 de scripts de film et 5 pièces de théâtre Mahfouz est considéré comme l’un des premiers écrivains contemporains de la littérature arabe et était le seul arabe écrivain qui a reçu le prix de Nobel en 1988. Le grand écrivain est décédé le 30 août 2006, laissant un héritage traduit en plusieurs langues au Monde arabe et Occidental.
L’œuvre de Mahfouz s’inscrit dans un cadre bien précis, celui d’une société arabo-musulmane, l’Egypte, avec ses avatars et ses évolutions. Elle révèle les compromis quotidiens, nous fait mieux comprendre les enjeux des conflits entre générations et les combats d’idées au sein d’une population déchirée entre sa culture traditionnelle, marquée par l’islam, et une nouvelle culture ressentie comme étrangère et envahissante. Mais, outre la religion vécue, cette œuvre fait ressortir des attitudes très variées à l’égard de Dieu et de la religion. Le sentiment religieux s’incarne souvent dans une démarche qui ne s’exprime pas sous la forme de la conversion ou de la non-conversion à une foi doctrinale, mais d’une incertitude vague, d’une instabilité spirituelle, d’une inquiétude profondément enfouie au plus secret de l’âme contemporaine, et qui ne fait surface que de manière confuse, lorsqu’elle se dissimule sous le voile de l’allégorie ou du symbole.