Les responsables politiques chinois réfléchissaient hier lundi à de nouvelles mesures ambitieuses pour lutter contre le changement climatique lors d’une séance plénière du Parti communiste destinée à finaliser le plan quinquennal de développement du pays.
Ce plénum, au cours duquel sont évoquées les grandes orientations politiques de la Chine pour 2021--2025, intervient après que le président Xi Jinping s’est engagé à rendre le pays neutre en termes d’émissions de carbone d’ici 2060 et alors que l’économie chinoise souffre de la pandémie de coronavirus, indique Reuters.
Les services gouvernementaux chargés de l’élaboration du document devaient finaliser une première version d’ici avril mais l’annonce de Xi Jinping aux Nations unies sur la neutralité carbone de la Chine les oblige à intégrer les nouveaux objectifs climatiques. Avant septembre, peu s’attendaient à ce que la Chine promette des réductions plus ambitieuses sur ses émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique au cours des cinq prochaines années. Les documents officiels signalaient plutôt l’intention de Pékin de faire de la sécurité énergétique et de l’économie ses principales priorités. Beaucoup s’attendait également à ce que la Chine se lance dans une nouvelle vague de construction de centrales au charbon mais les responsables politiques ont été forcés de revoir leur copie.
“En ce moment, chaque niveau de gouvernement est occupé à travailler sur le 14ème plan quinquennal”, a déclaré Kevin Lo, directeur associé de l’Institut David C. Lam pour les études Est-Ouest à Hong Kong, qui étudie les politiques environnementales de la Chine.
“Il est entendu qu’il n’y a pas de temps à perdre si la Chine veut atteindre la neutralité carbone d’ici 2060”.
Selon les experts, le pays doit faire passer la part du charbon dans son mix énergétique à moins de 50% d’ici 2025 contre 58% en 2019 et soutenir davantage les technologies telles que celles dédiées au captage de carbone.
La Chine pourrait commencer par fixer un plafond absolu d’émissions pour la première fois, estime Zou Ji, directeur de l’Energy Foundation China, qui a participé aux recherches du plan quinquennal.