Le secrétaire général de l’ONU estime que des conséquences « désastreuses » seront à déplorer en cas d’inaction dans les deux années qui viennent.
Trois ans après sa signature, l’accord de Paris sur le climat est fragilisé par« la paralysie », « le manque d’ambition » et l’incurie des gouvernements, a dénoncé le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Le patron des Nations unies a appelé à faire pression sur les Etats signataires pour revoir leurs engagements à la hausse. « Il est impératif que la société civile – jeunes, groupes de femmes, secteur privé, communautés religieuses, scientifiques et mouvements écologiques dans le monde – demande des comptes à leurs dirigeants. » Depuis des décennies, « les scientifiques nous ont alertés encore et encore ». Mais « beaucoup trop de dirigeants ont refusé de les écouter ».
Le discours du secrétaire général intervient alors qu’un grand sommet mondial pour l’action climatique s'est ouvert mercredi 12 septembre à San Francisco, pour trois jours, à l’initiative du gouverneur de l’Etat Jerry Brown. Il doit réunirdes milliers d’élus, de maires, d’ONG et d’entreprises désireux de montrerque les acteurs non étatiques peuvent jouerun rôle pour comblerles lacunes des Etats en matière de politiques environnementales.
Lors de la conférence climat (COP21), organisée en décembre 2015, 193 Etats avaient scellé un accord présenté comme historique, dans l’espoir de limiter la hausse des températures« nettement en dessous de deux degrés » par rapport aux niveaux préindustriels. Mais selon le directeur de l’Organisation météorologique mondiale, les températures devraient plutôt augmenter de trois degrés d’ici 2100 faute d’avoir tenu les engagements pris en termes de réduction des gaz à effet de serre.
« Nous sommes à un moment décisif,a plaidé M. Guterres. Si nous ne changeons pas de trajectoire d’ici 2020, nous risquons de raterle moment où nous pouvons encore éviterun changement climatique incontrôlable, avec des conséquences désastreuses pour les individus et tous les systèmes naturels qui nous soutiennent. »
Une étude des Nations unies a révélé que les objectifs décidés à Paris étaient « le strict minimum pour éviter les pires impacts du changement climatique ». Mais les engagements pris ne représentent « qu’un tiers de ce qui est nécessaire » pour lutterefficacement a souligné M. Guterres.