C’est le nouveau mal du siècle. Une course à la réussite pour avoir des enfants brillants, épanouis, gentils, bilingues et nourris au bio… Nombre de parents épuisés et culpabilisés implosent sous le poids de ces injonctions. Et si on lâchait prise ?
Exercices de respiration pour se détendre avant une réunion importante
«Mais vous n’avez pas de curcuma bio ?» Il y avait dans le ton de la supernounou, ce matin-là, une sincère surprise et un brin de reproche. Bénédicte ne s’est pas démontée : «Eh bien non, il n’y a pas de curcuma bio ni de purée de légumes maison dans le congélateur. En revanche, il y a un panier de linge qui déborde dans la salle de bains !» Elle a déposé le petit Lulu dans les bras de la nanny sidérée et a refermé la porte derrière elle, fière et soulagée d’avoir, pour une fois, tenu tête, via la jeune Lily, à tous les donneurs de leçons de ce début de siècle.
Le culte de la mère parfaite ne date pas d’hier, mais il se cantonnait jusqu’ici à la sphère intime. Aujourd’hui, réussir ses enfants est devenu un devoir social. Hors la performance, point de salut, pour l’éducation de nos enfants comme dans tous les domaines de nos vies. «Parentalité positive», «éducation bienveillante»… Les nouvelles mères (et les nouveaux pères) jonglent avec des concepts qui mettent la barre toujours un peu plus haut. Sans parler des réseaux sociaux, où c’est le marathon du parent le plus exemplaire. Ces enfants qui ont été voulus, programmés, pas question de les «rater». Même pour vendre des poussettes et des tables à langer, une grande enseigne de puériculture affiche : «Réussir son bébé»…