Biden échange avec Xi, évoque Hong Kong et les Ouïghours

Marwa Mourad Vendredi 12 Février 2021-21:26:52 Actualités Internationales
Le président américain Joe Biden lors d’un discours depuis la Maison Blanche le 10 février 2020
Le président américain Joe Biden lors d’un discours depuis la Maison Blanche le 10 février 2020

Le président américain Joe Biden s’est entretenu mercredi, pour la première fois, avec son homologue chinois Xi Jinping, exprimant son inquiétude sur la situation à Hong Kong et le sort réservé à la minorité musulmane ouïghoure, indique l’AFP. Lors de cet appel, qui intervient trois semaines après son arrivée à la Maison Blanche, Joe Biden a marqué sa volonté d’être beaucoup plus tranchant que Donald Trump sur la question des droits humains tout en s’inscrivant dans
une relative continuité sur les questions économiques. Il a aussi plaidé pour une approche plus pragmatique sur des dossiers tels que le climat, délaissé par son prédécesseur.
Selon le compte-rendu de l’exécutif américain, le nouveau locataire de la Maison Blanche a exprimé ses “profondes inquiétudes” concernant “la répression à Hong
Kong”, les “violations des droits humains” dans le Xinjiang, et la place de plus en plus imposante prise par Pékin dans la région, en particulier vis-à-vis de Taïwan.
Selon des experts, plus d’un million de Ouïghours sont ou ont été détenus dans des camps de rééducation politique au Xinjiang. Cette vaste région semi-désertique, frontalière notamment avec le Pakistan et l’Afghanistan, est placée sous étroite surveillance policière.
Pékin récuse le terme de “camps” et affirme qu’il s’agit de centres de formation professionnelle, destinés à fournir un emploi à la population et donc à l’éloigner de
l’extrémisme religieux. Dans une rhétorique plus proche de celle employée par l’administration précédente, Joe Biden a aussi dénoncé, selon la Maison Blanche, les pratiques économiques “injustes et coercitives” de Pékin. S’il a clairement affiché sa volonté de rupture avec la politique étrangère de Donald Trump, les relations commerciales américano-chinoises sont l’un des rares dossiers où il pourrait, sur le fond, s’inscrire dans relative continuité avec son prédécesseur.
Un haut responsable de l’administration, s’exprimant sous couvert de l’anonymat, a souligné que la nouvelle équipe partageait avec la précédente la volonté de tenir tête à Pékin dans la “compétition stratégique” entre les deux grandes puissances. Cependant, a-t-il ajouté, elle a identifié “des vrais problèmes” dans la façon dont la gouvernement Trump a abordé cette compétition. Et de citer “l’affaiblissement des alliances” de l’Amérique ou encore “le vide laissé dans les institutions internationales qui a été rempli par la Chine”. Ce responsable a par ailleurs réaffirmé mercredi que les taxes douanières sur les produits chinois mises en place
sous la présidence Trump restaient pour l’heure en place, dans l’attente d’un réexamen global de la stratégie commerciale américaine.

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