Abou Dhabi, l’Égypte ou l’Iran viennent d’annoncer de nouvelles mesures de confinement. Signe sans doute que le coronavirus continue à circuler dans la région.
Au moment où l’Europe se déconfine, plusieurs pays du Moyen-Orient font le choix inverse. Sans donner de justification, ni offrir de bilan des malades du Covid-19 ou de décès, l’émirat d’Abou Dhabi a ainsi annoncé, dimanche 31 mai, la fermeture totale de ses frontières pendant une semaine.
Une semaine plus tôt, l’Égypte a elle aussi donné un nouveau tour de vis : un couvre-feu nocturne décrété après que le ministre de la santé a annoncé 752 nouveaux cas et un total de 764 décès, attribuant la hausse au relâchement des Égyptiens « pendant les derniers jours du Ramadan ».
Après avoir surpris par ses bons chiffres, le Moyen-Orient est-il rattrapé par la pandémie ? La réponse ne peut être que prudente dans des États souvent autoritaires, habitués à contrôler l’information.
Il n’empêche :lors de la dernière journée noire, le 20 mai – 106 000 cas déclarés en une seule journée à l’OMS, soit « le chiffre le plus élevé depuis le début de l’épidémie » -, le directeur général a pointé du doigt quatre pays responsables de « près des deux tiers » de la hausse : États-Unis, Russie, Brésil… et Arabie saoudite. Au Qatar, qui les suit de près, le chercheur belge Nicolas Vandewalle constatait, lundi 1er juin, un taux de reproduction effective particulièrement élevé :autour de 1,45.
« Il est difficile de savoir précisément ce qu’il se passe dans le Golfe », reconnaît Camille Lons, de l’Institut international d’études stratégiques. « Le nombre de cas a beaucoup augmenté pendant le mois de mai dans la plupart des pays. » Comme ailleurs dans la région, le Ramadan et ses traditionnels rassemblements familiaux ont été invoqués. « Mais il est difficile de trouver des chiffres exacts, poursuit la chercheuse. Le sujet(…)très sensible ».