L’été a pris fin avec ses grandes chaleurs. Il fait beau dans l’ensemble du Caire. Et la sirène de la Méditerranée a fait ses adieux aux derniers estivants. Maintenant, elle est entre les mains de ses habitants qui jouissent des premières brises de l’automne. Qui souhaite vraiment savourer la beauté alexandrine, doit l’oublier en été et y revenir en cette période de l’année. Avec la rentrée des écoles, les rues semblent calmes et agréables vers 10h. Une petite balade sur la Corniche, avec quelques gouttes d’eau échappées des vagues de la mer, respirer l’iode, manger une glace alexandrine au chocolat et au citron, autant de moments inoubliables.
Chaque année, j’ai pris l’habitude de suivre les habitudes des Alexandrins et de visiter cette belle ville les jours les plus beaux de l’année : au mois d’octobre. Moins de chaleur, moins d’estivants, mais surtout plus d’amusement et de joie. Se balader sur la Corniche est un vrai plaisir qui vous donnera l’impression d’un papillon voltigeant face à la mer. Là, un sentiment de liberté hors pair vous envahit. Libre de tout stress et de tout problème, vous serez un être plein d’énergie et de bonheur.
Ayant récupéré votre état d’âme, vous pourrez alors atteindre la quiétude tant escompté. Alexandrie devient alors à cette période de l’année non pas seulement un lieu de visite ou de voyage, mais encore plus : une escapade loin du monde qui vous permettra de vous redécouvrir miraculeusement, redécouvrir votre personnalité.
Qui dit Alexandrie, ne dit pas uniquement la Corniche ou la mer. Car c’est une ville gastronomiquement très riche. Tout commence au moment du petit-déjeuner : les felafels alexandrins sont irrésistibles, puis viennent d’autres mets à l’instar de la poissonnerie ou encore des pâtisseries orientales à l’instar de la basboussa. Mais ce qui enivre réellement les visiteurs de la ville c’est le riz au lait sucré ainsi que la glace. Et les soirées, il y a encore les épis de maïs à dévorer sur la Corniche, leur goût semble bien différent.
Un univers à part est formé par la ville cosmopolite d’Alexandrie. Quoi de plus enivrant que de passer par les endroits mythiques tels que la Bibliothèque d’Alexandrie ou encore l’Université d’Alexandrie.
Et, la belle citadelle de Qaitbay vient à l’instar d’un gardien sublime de la ville. En y arrivant, vous devez franchir un petit portail noir et ensuite franchir quelques pas. Payez votre billet et partez à l’aventure.
C’est à Alexandrie, l’une des plus belles villes côtières d’Egypte, que l’on trouve une grande variété de monuments anciens qui sont entrés dans l’histoire. La citadelle de QaitBay en fait partie et elle est considérée comme l’une des forteresses défensives les plus importantes, non seulement en Egypte mais également sur toute la côte méditerranéenne. La citadelle fut édifiée à la fin du 15ème siècle, sur le site de l’ancien phare d’Alexandrie, l’une des merveilles du monde antique. Elle a été construite sur les ordres d’Al-Achraf Sayf ad-Dîn Qa’it Bay, le 15ème sultan mamelouk burjite d’Egypte.
Durant son règne, QaitBay, qui a fait ses preuves sur les champs de bataille, apparaît comme un homme sage, perspicace et valeureux.
L’histoire de la citadelle a débuté au moment où le sultan s’est rendu à Alexandrie, en compagnie de nombreux princes et partenaires royaux. À son arrivée dans la ville, il a été chaleureusement accueilli par la population qui se tenait en rang dans les rues décorées, en signe de bienvenue.
Accompagné des princes, le sultan a fait une entrée majestueuse. Qaitbay n’a pas suivi les traditions : il est resté trois jours, durant lesquels il s’est rendu au phare et a exigé qu’une tour y soit élevée à sa place. C’est ainsi que la citadelle portant son nom a été construite.
Elle se situe dans le port Est d’Alexandrie, sur l’île de Pharos. La citadelle s’étend sur plus de 17 550 mètres carrés et est positionnée de façon stratégique, entourée par la mer de trois côtés. Ce bâtiment indépendant forme un rectangle de 60 mètres de long et 50 mètres de large. Ses murs ont une épaisseur de 4,5 mètres. Deux remparts construits dans d’énormes blocs de pierre entourent la citadelle à l’intérieur et à l’extérieur pour en renforcer la fortification.
Vers 1480 AD, le sultan mamelouk Al-Ashraf Qaitbay a fortifié la place dans le cadre de ses édifices défensifs côtiers contre les Turcs, qui menaçaient l’Egypte à cette époque-là. Il a construit le château et placé une mosquée à l’intérieur. La citadelle a continué à fonctionner pendant la majeure partie de la période mamelouke, la période ottomane et la période moderne, mais après le bombardement britannique de la ville d’Alexandrie en 1883, il a été tenu à l’écart des projecteurs. Il a été négligé jusqu’au 20ème siècle, quand il a été restauré à plusieurs reprises par le Conseil suprême des antiquités égyptiennes.
Le fondateur de la Citadelle de Qaitbay est le sultan Al-Ashraf Abou Saif Anasr El-Din El-Qaitbay Jerkasy Al-Zahiry (1468-1496 après JC) qui est né vers 1423 AD (826 H). C’était un mamelouk venu en Egypte très jeune âgé de moins de 20 ans. Acheté par Al-Ashraf Bersbay, il est resté parmi ses serviteurs jusqu’à la mort de celui-ci. Ensuite, Djaqmaq Sultan l’acheta, et plus tard il lui donna sa liberté. Qaitbay a ensuite occupé différents postes. Il est devenu le chef de l’armée (Atabec Al-Askar) pendant le règne de la Bugha Sultan Tamar. Quand le sultan fut détrôné, Qaitbay fut nommé Sultan, le lundi 26 Ragab, 872 H. (1468 AD). Il fut l’un des sultans mamelouks les plus importants et de premier plan, régnant pendant environ 29 ans. C’était un brave roi qui a tenté d’initier une nouvelle ère avec les Ottomans en échangeant des ambassades et des cadeaux. Il aimait les voyages et effectuait de nombreux voyages de premier plan, selon le site
http://egytour1.blogspot.com/2012/05/la-citadelle-de-qaitbay.html.
Qaitbay était si friand d’art et d’architecture qu’il a créé un poste important au sein du système administratif de l’Etat, c’était The Edifices Mason (Shady Al-Ama’er). Il a réalisé de nombreuses constructions à La Mecque, Médine et Jérusalem. En Egypte il y a environ 70 édifices rénovés qui lui sont attribués, parmi eux figurent des mosquées, des madrasas, des agences, des maisons Fontaine (sabils), Kuttabs, maisons, édifices militaires comme les citadelles d’Alexandrie et de Rosette (Aujourd’hui la ville de Rashid). Ces citadelles furent construites pour protéger le nord de l’Egypte, principalement contre les Ottomans, dont la puissance avait augmenté dans la Méditerranée.
Qagmas Al-Eshaqy est l’architecte de la Citadelle. Avant son arrivée en Egypte, il était un mamelouk de Djakmaq en Syrie. Pendant le règne de Qaitbay, il est devenu vice-roi d’Alexandrie. Il a été nommé gouverneur de Syrie (Damas), a construit une mosquée en dehors de la porte de Rashid (Bab Rachid) ainsi qu’un cénotaphe et un Khan. Il a également rénové la Mosquée d’El-Sawary devant la porte de Sadrah (Bab Sadrah).
Qagmas était intelligent et modeste, et était le superviseur de nombreuses constructions pendant le règne de Qaitbay.
En 882 H. (1477 AD), le sultan Qaitbay a visité le site de l’ancien phare d’Alexandrie et a ordonné d’y construire une forteresse. La construction a duré environ 2 ans, et il est dit que Qaitbay a dépensé plus de cent mille dinars pour les travaux de la Citadelle.
Ibn Ayas a mentionné que la construction de ce fort a commencé au mois de Rabi Al-Awal H. 882. Il a ajouté que le sultan Qaitbay s’est rendu à Alexandrie, accompagné de quelques princes mamelouks, a visité le site de l’ancien phare et au cours de cette visite, il a ordonné la construction de la Citadelle.
Au mois de Shaban 884 H, le sultan Qaitbay s’est rendu de nouveau à Alexandrie lorsque la construction était terminée. Il a doté le fort d’une légion de soldats courageux et d’armes diverses. Il avait également, toujours selon Ibn Ayas, plusieurs waqfs dont il se servait pour financer les travaux de construction et payer les salaires des soldats.
Tout au long de la période mamelouke, et en raison de son emplacement stratégique, la Citadelle a été bien entretenue par tous les dirigeants qui se sont succédé après Qaitbay.
Le sultan El-Qansoh Ghoury a accordé à la Citadelle une attention particulière. Il l’a visitée plusieurs fois et a augmenté la force de la garnison, en lui fournissant des armes et des matériels divers. Elle comprenait une grande prison faite pour les princes et les hommes d’Etat que le sultan tenait à l’écart de sa faveur pour une raison quelconque. Au cours de l’année 920 H, le sultan El-Ghoury s’est rendu à Alexandrie avec les autres princes. Ils sont allés à la Citadelle de Qaitbay où il a observé des manœuvres militaires sur les armes de la citadelle.
Après les Turcs ottomans avaient conquis l’Egypte. Ils ont utilisé la citadelle de Qaitbay comme logement, à l’instar de ce qu’ils avaient fait avec la citadelle de Saladin au Caire et les Citadelles de Damiette, de Rosette, d’Al-Borollos et d’El-Ariche.
Comme l’armée ottomane est devenue faible, la Citadelle a commencé à perdre de son importance militaire. En 1798 après JC, lors de l’expédition française en Egypte, elle est tombée aux mains des troupes françaises, principalement en raison de la faiblesse de la garnison de la citadelle, et de la puissance des armes modernes françaises à cette époque. A l’intérieur, les Français trouvèrent des armes des croisés, qui remontent à la campagne de Louis IX. Peut-être que c’était un butin après la bataille et la capture d’El-Mansoura!
Quand Mohamed Ali est devenu le maître de l’Egypte en 1805, il a rénové l’ancienne Citadelle, restauré ses remparts extérieurs, et a doté la forteresse des armes les plus modernes de l’époque.
On peut considérer le règne de Mohamed Ali comme un autre âge d’or de la Citadelle.
La Citadelle a retenu l’intérêt des successeurs de Mohamed Ali jusqu’en 1882 où la révolution d’Orabi a éclaté.
La flotte britannique bombarda violemment Alexandrie le 11 Juillet 1882 et endommagea une grande partie de la ville, en particulier la Citadelle. Les façades nord et ouest furent gravement endommagés. La façade ouest fut complètement détruite.
Après la révolution de 1952, l’Egypte l’a transformée en un musée maritime.
La plus grande restauration de la citadelle remonte à 1984 réalisée par l’Organisation des antiquités égyptiennes.