Afrique : Une vie “presque normale” après le Covid-19, mais pas partout

Walaa Al-Assrah Mercredi 30 Septembre 2020-13:25:11 Actualités Internationales
Un marché d’Abidjan, Côte d’Ivoire, le 11 juillet 2020
Un marché d’Abidjan, Côte d’Ivoire, le 11 juillet 2020

“Le quotidien redevient presque normal mais on ne retrouvera pas la vie d’avant”, philosophe Petunia Maseko, dans un bar de Soweto. L’Afrique, plutôt épargnée par le Covid-19 qui a en revanche assommé son économie, reprend un peu son souffle après la paralysie liée à la pandémie, selon l’AFP.

“C’était dur d’être privée de vie sociale, soupire la jeune fille en tenue traditionnelle Ndebele aux couleurs vives. “C’est quand même important pour déstresser et se faire un réseau”, ajoute l’étudiante avec le sérieux de ses 21 ans. Au Black and White Lifestyle Pub, l’excitation est à son comble en ce premier weekend de printemps, qui coïncide avec le passage au niveau 1 de confinement, le plus faible depuis six mois en Afrique du Sud. Masqués, les clients font contrôler leur température à l’entrée.

Gel hydroalcoolique en main, le DJ Tiisetso Tenyane joue “de nouveau pour des gens, en vrai”. Après des séances en visio, “ça fait un bien fou”.

Désormais, “je porte un masque quand je sors de chez moi, mais c’est le dernier vrai marqueur de la pandémie”, note Petunia. Sur le reste du continent, le quotidien fait le grand écart entre application stricte des mesures sanitaires et relâchement total.

“On s’en fout du corona”: la phrase est du président ivoirien Alassane Ouattara qui ne pensait pas être capté par les micros, avant d’embrasser au mépris des mesures barrière une figure de son parti devant des milliers de personnes en août.

En Côte d’Ivoire, si le masque reste obligatoire en milieu fermé, “ce n’est respecté nulle part ou presque”, confie un agent de santé sous couvert d’anonymat.

“La psychose est partie et l’Etat ne communique plus trop sur le sujet”.

A Kinshasa, prise des températures et lavage des mains sont observés dans le quartier d’affaires de Gombe. Mais dans les communes populaires, le relâchement est partout: masques sur le menton et mains serrées.

Pour beaucoup, “corona eza te” (“Il n’y a pas de corona”, en lingala). Au Burkina, pays qui traverse une grave crise humanitaire et sécuritaire, Ousmane Ouedraogo, 43 ans, vendeur de poissons, trouve que le masque, “on ne peut pas en porter éternellement”.

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