Ados : dormir moins de 7 heures par nuit réduit la matière grise

Ghada Choucri Mercredi 18 Mars 2020-23:04:47 Jeunesse
Ados : dormir moins de 7 heures par nuit réduit la matière grise
Ados : dormir moins de 7 heures par nuit réduit la matière grise

Chez les adolescents, ne pas dormir suffisamment ou se coucher trop tard conduit à une diminution du volume de la matière grise du cerveau. Ces conclusions viennent éclairer un peu plus le rôle du sommeil dans le développement mental, à l’occasion de la Journée internationale du sommeil.

Le manque de sommeil chez les adolescents réduit le volume de matière grise de leur cerveau. Plus l’heure de coucher est tardive et plus le volume de matière grise diminue. Ces résultats sont le fruit d’une étude menée par les chercheurs de l’Inserm et de l’Institut national de la santé et de l’aide sociale, soutenue par l’Académie de Finlande. Ces travaux ont été publiés dans la revue Scientific Reports.

Le manque de sommeil chez les adolescents peut compromettre leur réussite scolaire, leur santé et leur sécurité. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont étudié les habitudes de sommeil de 177 élèves de 14 ans scolarisés dans des collèges de région parisienne. En moyenne, les enfants se couchent à 22h20 en semaine pour se lever à 7h06, et se couchent à 23h30 le week-end pour se lever à 9h45. Derrière cette moyenne, il existe une grande disparité entre les habitudes des adolescents.

Une durée de sommeil inférieure à 7 heures en semaine, associée à une heure de coucher tardif le week-end, conduisent à une diminution du volume de la matière grise. Celle-ci s’observe dans trois parties du cerveau : le cortex frontal, le cortex cingulaire antérieur et le précuneus, impliquées dans l’attention, la concentration et la capacité à réaliser des tâches simultanées. “Le résultat le plus significatif de notre étude est très certainement celui qui montre que plus les adolescents se couchent tard le week-end, plus leur volume de matière grise est diminué”, observe Jean-Luc Martinot, directeur de recherche Inserm, dans un communiqué.

Un impact sur les résultats scolaires

Il existe un lien entre les mauvaises habitudes de sommeil chez l’adolescent, la structure de son cerveau et ses notes. Les chercheurs ont constaté que les mauvaises notes obtenues par les élèves sont associées avec moins de matière grise dans les régions frontales, celles dont le volume est diminué par un coucher tardif le week-end. “Nous encourageons les parents, les intervenants sociaux et scolaires, à favoriser le maintien d’un bon rythme veille-sommeil pour les adolescents, préconise Jean-Luc Martinot. En particulier, éviter de se coucher systématiquement trop tard pendant les week-ends semble important pour optimiser le potentiel de développement du cerveau et contribuer à la réussite scolaire.”

 

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