Le monde célèbre ce mardi 18 décembre la journée internationale de la langue arabe. La langue arabe est parlée par plus de 420 millions d’habitants sur Terre. C’est la langue officielle de 26 pays. La langue arabe est un pilier de la diversité culturelle de l’humanité. Dans la diversité de ses formes, classique ou dialectales, de l’oralité à la calligraphie poétique, la langue arabe a donné naissance à une esthétique fascinante, dans des domaines aussi variés que l’architecture, la poésie, la philosophie, la chanson… Elle donne accès à une incroyable variété d’identités et de croyances, et son histoire raconte la richesse de ses liens avec d'autres langues. L’arabe a joué un rôle de catalyseur des savoirs, favorisant la transmission des sciences et des philosophies grecques et romaines à l’Europe de la Renaissance. Elle a assuré le dialogue des cultures le long des routes de la soie, des côtes de l’Inde à la corne de l’Afrique. Avec Le Progrès Egyptien, découvrez cette langue qui s’écrit avec 28 lettres et… de droite à gauche !
L’arabe est né il y a près de 2000 ans, au Moyen-Orient. Aujourd’hui, c’est l’une des langues les plus parlées du monde: près de 422 millions de personnes s’en servent tous les jours. C’est la langue officielle de 26 pays. Et le 18 décembre, c’est la journée mondiale de la langue arabe ! Car le 18 décembre 1973, l’arabe est devenue la 6e langue officielle de l’ONU. Auparavant, on y travaillait en maitrisant l'anglais, le chinois, le français, l'espagnol et le russe.
« Comment l’Homme peut-il résister à la beauté de cette langue, à sa logique et à son éblouissement unique ? Même les voisins des Arabes, eux-mêmes, dans les pays qu’ils ont conquis, sont tombés sous le charme de cette langue. », Sigrid Hunke (1913-1999) .
La beauté est relative et surtout subjective: le beau pour quelqu’un peut être affreux pour un autre, et inversement. La langue arabe, langue du Coran et de l’islam, ne déroge pas à la règle. Tandis que certains sont allergiques aux phonèmes et aux graphèmes de l’idiome arabe qu’ils trouvent agressifs, d’autres au contraire, sont littéralement subjugués et fascinés par la langue et la culture arabes.
En outre, la civilisation Arabe et sa langue sont porteurs de symboles et véhiculent un exotisme qui rappelle singulièrement les saveurs et les couleurs d’Orient, que seul apprendre l’arabe autorise une compréhension globale.
Comme pour la langue chinoise ou japonaise, les Arabes ont une architecture grammaticale et lexicale si vaste que même les plus érudits, universitaires et savants religieux, ne peuvent prétendre connaître tous les mots du vocabulaire arabe; car l’arabe classique est une langue aux racines sémitiques très anciennes, un arabe littéraire (par opposition à l’arabe dialectal) vieux d’au moins 1500 ans : la première trace d’écriture arabe connue remonte en effet à l’an 512 de l’ère chrétienne, quand l’inscription de Zabad fut découverte en Syrie.
La civilisation arabo-musulmane a aussi longuement et durablement imprégné l’Europe, l’Afrique et l’Asie et l’Amérique -dans une moindre mesure – en traversant les siècles, par la richesse de ses arts , de ses sciences et de ses connaissances.
Apprendre à parler l'arabe serait donc – outre la vertu d’accroître sa formation linguistique – parler la plus belle sinon l’une des plus belles langues étrangères.
Langue poétique
Avant l’islam, les Arabes étaient déjà de grands amateurs de poésie. Les philologues et les grammairiens des langues sémitiques (araméen, arabe, hébreu) ont mis en lumière une production littéraire époustouflante de la civilisation islamique. La poésie arabe des pays du Maghreb, l’Égypte et la péninsule arabique avaient développé une culture de la littérature orale très poussée. On appelle « Moallakât » les textes poétiques les plus anciens. Tous les ans, des foires étaient organisées où les poètes récitaient leurs poèmes et les meilleurs étaient affichés à la Kaaba, la maison sainte de La Mecque. Les meilleures des poésies élues devenaient donc des œuvres sacrées, objets de culte religieux. Apprendre la langue arabe, c’est découvrir les genres poétiques arabes et les courants de littérature arabe (en arabe, littérature se dit « adab »), du Moyen-Âge à la période contemporaine. Comme pour les artistes occidentaux, l’écriture est un outil pour exprimer des sentiments, transmettre son besoin de créer, de valoriser sa culture, sa religion, sa philosophie et vivre son amour pour les mots. Il est impossible de faire une recension complète de tous les genres que les poètes Arabes avaient écrit depuis le Moyen-Âge.
Notons quatre courants principaux de poésie arabe, où le style descriptif et lyrique s’entremêlent régulièrement :
El-fakhr, louange de sa tribu et de soi-même.
El-medih, louange des autres.
El-Hidja, la satire.
En-naçib, le genre érotique.
La poésie arabe permet de jongler avec les mots du vocabulaire arabe. L’amour, la sexualité, la nature, la médecine, le sacré, la famille, l’amitié, la nostalgie, la mort, la mythologie, les guerres et les civilisations, etc., sont autant de sujets traités par de nombreux auteurs Arabes.
Langue littéraire
C’est entre les 8ème et 13ème siècles que se développent la philosophie arabe et les genres littéraires. Roman chevaleresque, protection du faible, respect de la parole donnée, mépris pour la félonie, exaltation du sacré et dévouement religieux constituent les thèmes majeurs de la littérature féodale arabe. A la littérature populaire, s’oppose « l’adab », un courant prosaïque ni religieux, ni philosophique qui englobe les fables, les proverbes, les encyclopédies, les épîtres, les ouvrages généalogiques, historiques et géographiques et la maqâma. A l’époque, les savants de l’élite intellectuelle aiment se regrouper pour se livrer à des joutes oratoires, user de rhétorique et montrer leur érudition. Ce furent aussi les siècles où les auteurs publièrent de nombreux ouvrages sur les mathématiques, la physique, la médecine, l’histoire, la géographie, la philosophie, l’architecture arabe, des connaissances d’une civilisation très avancée, d'où allaient s'inspirer plus tard les intellectuels européens.
Une écriture artistique
L’idiome du Monde Arabo-musulman est parfois considéré comme le plus beau de toutes les langues écrites. En effet, sa calligraphie est vue comme un art à part entière au même titre que le dessin ou la peinture, et serait le plus élevé des arts arabes. Apprendre l’écriture arabe par un locuteur non arabophone est un exercice artistique. On dessine des caractères, des lettres avec des formes très arrondies, des boucles, des traits nécessitant une attention toute particulière pour bien les reproduire. Mais la calligraphie se compare plus à l’enluminure qu' à l’écriture : elle s’est développée par le passé pour orner les documents religieux.
Chercher des images de calligraphie arabe sur Google permet d’emblée de s’apercevoir que certaines écritures relèvent de l’art graphique. L’on trouve des motifs figuratifs, des animaux dessinés avec des lettres arabes ou bien des ornements de multiples couleurs. Reproduire ces créations nécessiterait un talent de graphiste ou de dessinateur !
L’écriture de cet idiome s’opère de droite à gauche depuis toujours. En cours d’initiation, on commencera par répéter les lettres de l’alphabet arabe pour les mémoriser. L’alphabet arabe comporte vingt-sept lettres dont la hamza. A priori, il n’y en a pas tant à réviser, mais ce n’est pas tout. Les choses se corsent pour chaque lettre car chacune d’entre-elle a une forme en arabesque spécifique à la place qu’elle occupe dans le mot.
Il y a donc quatre façons différentes d’écrire chaque caractère :
· Une forme isolée qui ne change jamais.
· Une forme initiale, la première syllabe du mot.
· Une forme médiane au milieu du mot.
Une grande richesse linguistique
L’idiome arabe comporte une infinité de circonlocutions pour exprimer la même idée et une quantité incroyable de mots de vocabulaire. Apprendre à parler l'arabe revient ainsi à étudier les richesses de l’histoire de la civilisation islamique. Les peuples du Monde Arabe ont le loisir d'afficher avec fierté qu’ils se disposent d’un énorme baggage langagier plus de 60 000 mots. Ce serait le double, rien que ça, des mots employés en français dans le langage courant.
Selon Ernest Renan (1823-1892), écrivain, philologue, philosophe et historien Français, il existerait :
• 80 mots arabes pour désigner le miel.
• 200 pour dire le serpent.
• 500 pour le lion.
• 1000 pour le chameau et l’épée.
• 4400 pour évoquer le malheur.
Imaginez la taille d’un dictionnaire arabe !
A cela, s’ajoute le fait que les noms et les adjectifs sont quasiment toujours issus de la racine des verbes. Il y aurait en langue arabe 6000 racines de verbes composées de trois consonnes. Pour former les mots, il faut ensuite compléter les racines par des lettres dites serviles, soit en doublant les radicales. Ainsi, une même racine donne des verbes, des substantifs, des adjectifs, des adverbes, et des mots dérivés de toute sorte.